«La vengeance du Tout-Puissant»
Pete Hegseth cite un passage de la Bible tiré de... Pulp Fiction

Pete Hegseth a à nouveau sucité la polémique après une prière guerrière au Pentagone. Pour galvaniser ses troupes, le secrétaire américain à la Défense a cité un passage de la Bible... en réalité directement issu du célèbre film «Pulp Fiction».
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Pete Hegseth a voulu citer un passage de la Bible pour motiver ses troupes. Le passage était en réalité issu de «Pulp Fiction».
Photo: AP
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Dimitri FaravelJournaliste Blick

Quentin Tarantino aurait-il applaudi? Le Secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth – qui se désigne lui-même volontiers comme «Secrétaire à la Guerre» – a (encore) suscité la controverse en récitant un faux verset de la Bible lors d'un office religieux organisé au Pentagone ce mercredi 15 avril. Comme le rapporte le média américain «A Public Witness», le passage cité par Pete Hegseth empreintait plus au film culte «Pulp Fiction» qu'aux Saintes Ecritures.

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Au début du film, le personnage incarné par Samuel L. Jackson demande à l'homme qu'il s'apprête à tuer s'il lit la Bible. Le gangster lui explique qu'il a appris un passage par coeur: Ezéchiel 25:17. Dans ce verset de l'Ancien Testament, Dieu annonce qu'il exercera «une vengeance furieuse et effrayante» contre tous ceux qui ont persécuté ses fidèles, afin qu'ils reconnaissent sa toute puissance. Une fois sa tirade terminée, le personnnage abat de sang froid son interlocuteur. Une scène violente que Pete Hegseth ne renie pas, bien au contraire.

Une foi pour guider la guerre?

Avant de prononcer sa prière, le Secrétaire américain à la Défense a précisé que les moments de culte devaient, selon lui, influencer directement les décisions politiques et militaires. Il a illustré cette idée en évoquant une discussion stratégique qu'il venait d'avoir, soulignant la continuité entre réflexion spirituelle et action concrète.

Ce que ce fervent chrétien ignorait peut-être, c'est que ce verset, tel qu'il l'a récité, n'existe pas dans la Bible. Ezéchiel 25:17 existe, oui, mais son passage a été très largement réécrit par Quentin Tarantino pour les besoins de sa mise en scène, lui donnant une dimension bien plus dramatique et spectaculaire.

Blasphème!

Face à un tel discours, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le pape Pape Léon XIV a fermement rappelé que le christianisme ne saurait être invoqué pour justifier la guerre. De son côté, l’archevêque allemand Reinhard Marx a dénoncé des propos relevant selon lui du blasphème, critiquant une instrumentalisation de la foi au service de la puissance militaire américaine.

Le chef du Pentagone pourrait s'en moquer... s'il n'était pas déjà menacé sur le plan politique. Une poignée d'élus démocrates a en effet déposé une procédure de destitution contre Pete Hegseth, l'accusant notamment d'abus de pouvoir et de violations du droit international pour ses décisions dans la guerre en Iran.

Des experts juridiques montent aussi au créneau. L'ancien juge fédéral John E. Jones III considère que ces pratiques pourraient violer la clause d'établissement du Premier amendement américain, qui interdit à l'Etat de favoriser une religion. Il met en garde contre un glissement progressif vers une confusion entre pouvoir politique et autorité religieuse, rappelant les dérives historiques que les fondateurs des Etats-Unis cherchaient justement à éviter.

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