En bref
- Ed Sheeran se produit ce samedi au Lincoln Financial Field de Philadelphie après une polémique liée à l'éviction du rappeur Macklemore de sa tournée pour des propos propalestiniens. Cette décision a suscité des critiques contre le chanteur, accusé de ne pas défendre son collègue et de rester silencieux sur le conflit à Gaza.
- Une manifestation propalestinienne est prévue près du stade avant le concert, avec une présence policière renforcée. Ed Sheeran a déclaré sur Instagram qu'il ne souhaitait pas utiliser sa carrière comme plateforme politique, mais fait face à des appels au boycott.
- Depuis lundi, les billets pour le concert s'échangent plus rapidement en revente, bien que les prix aient baissé de 123 à 67 dollars pour les places les moins chères. Certains spectateurs restent indifférents à la controverse et découvrent à peine sa venue.
La star de la pop Ed Sheeran monte sur scène samedi dans un stade de Philadelphie (est des Etats-Unis) pour la première fois depuis la polémique déclenchée par l'éviction de sa tournée du rappeur Macklemore, après des propos propalestiniens. La mise à l'écart lundi, sous la pression de propriétaires de stades américains, de celui qui assurait ses premières parties et a appelé début septembre à «libérer la Palestine» a valu à Ed Sheeran un déluge de critiques sans précédent pour un musicien jusque-là très consensuel.
En amont de son concert samedi soir, l'auteur du tube planétaire «Shape of You» a tenté d'éteindre l'incendie dans un message publié sur Instagram. A l'heure où un nombre croissant d'artistes prennent la parole sur le conflit à Gaza et son lourd bilan côté palestinien (plus de 73'000 morts), l'Anglais de 35 ans a écrit mardi «ne pas faire de son métier une plateforme politique».
«Je ne suis pas complice. J'ai mes opinions personnelles sur ce conflit dévastateur. Ce n'est pas parce que je choisis de ne pas m'exprimer publiquement que je n'en ai pas, ou que je ne me sens pas concerné», a-t-il ajouté. Mais, accusé de ne pas avoir défendu son ami Macklemore et surtout d'avoir manqué de courage pour dénoncer le sort des Palestiniens, l'ancien guitariste de rue devenu l'un des chanteurs les plus streamés de sa génération a été lâché par les autres artistes participant à sa tournée et se voit confronté à des appels au boycott.
«Il y a un réel mécontentement quant à la manière dont toute cette situation est gérée, et (Ed Sheeran) doit clairement mener un travail de gestion de son image de marque, avec plus ou moins de succès», observe Gretchen Larsen, une professeure qui étudie l'industrie musicale à la Durham University Business School, en Grande-Bretagne.
Une manifestation propalestinienne
L'artiste s'exprimera-t-il de nouveau sur le sujet sur scène samedi? Son public sera-t-il présent et réceptif? D'autres musiciens l'accompagneront-ils? Ce sont autant de questions qui se posent à Philadelphie, où une manifestation propalestinienne est prévue en milieu d'après-midi aux abords du Lincoln Financial Field, où se tient le concert, à l'initiative de plusieurs collectifs locaux.
La police a indiqué à l'AFP prévoir «une présence policière adaptée», «comme pour tous les grands événements organisés dans le complexe du stade», ainsi que le déploiement d'une unité spécialisée dans la médiation autour de la manifestation. Sur le marché de la revente, depuis lundi, les billets pour ce spectacle s'échangent à un rythme un peu plus soutenu que pour les précédentes dates de la tournée d'Ed Sheeran, selon les chiffres de la plateforme spécialisée TicketData.
«Une partie du public ne suit absolument pas l'actualité politique, ou y est complètement indifférente, et vient tout juste de découvrir qu'Ed Sheeran joue dans sa ville. Ils achètent des billets sans aucun lien avec la controverse», commente son fondateur Keith Pagello. Le prix des billets les moins chers a lui dégringolé de 123 à 67 dollars vendredi après-midi, mais Keith Pagello recommande de ne pas tirer de conclusion hâtive. «Il y a plus de concerts dont le prix baisse à l'approche de la date, que de concerts dont le prix augmente», observe-t-il.