En bref
- Le Tribunal supérieur électoral du Brésil a relaxé Flavio Bolsonaro, accusé d'avoir diffusé un deepfake de son père, Jair Bolsonaro, lors d'un meeting en juillet 2026. La vidéo, générée par intelligence artificielle, visait à soutenir sa candidature à la présidentielle.
- La cour a estimé que la diffusion avait eu lieu avant le début officiel de la campagne électorale du 4 octobre, excluant ainsi une infraction. Jair Bolsonaro, lui, purge une peine de 27 ans de prison depuis 2025.
- Flavio Bolsonaro était accusé par une coalition de gauche d'avoir enfreint une loi interdisant les avatars IA dans les campagnes. Le tribunal a statué en sa faveur par 5 voix contre 2.
Le Tribunal supérieur électoral du Brésil a relaxé mardi le candidat à la présidentielle Flavio Bolsonaro, qui était soupçonné d'avoir violé la loi en diffusant lors d'un meeting un deepfake de son père, l'ex-président Jair Bolsonaro, appelant à voter pour lui. La vidéo de l'ancien chef de l'Etat d'extrême droite générée par intelligence artificielle avait été diffusée fin juillet pendant la convention du Parti libéral qui avait lancé la candidature de Flavio Bolsonaro.
«Ceci est une simulation de mon image et de ma voix réalisée par intelligence artificielle. Comme tout le monde le sait ici, je suis emprisonné et réduit au silence par une décision injuste», déclarait l'avatar numérique de Jair Bolsonaro. «Je vous demande d'accueillir à bras ouverts la personne que j'ai choisie pour me remplacer, la chair de ma chair, mon fils Flavio», ajoutait-il.La coalition de gauche qui milite pour la réélection de l'actuel président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva avait accusé Flavio Bolsonaro d'avoir violé une loi interdisant d'utiliser des avatars générés par IA de personnes réelles lors de campagnes politiques.
Jair Bolsonaro purge sa peine
Le Tribunal suprême électoral a cependant jugé, par cinq voix contre deux, que la convention du Parti libéral avait eu lieu avant le début officiel de la campagne pour la présidentielle du 4 octobre, et que la diffusion du deepfake ne pouvait donc pas être considérée comme ayant eu lieu dans le cadre de cette campagne.
Jair Bolsonaro, 71 ans, a été condamné à 27 ans de prison en 2025 pour avoir tenté un coup d'Etat afin de se maintenir au pouvoir à la fin de son mandat (2019-2022). En mars, après plusieurs mois de détention, il a été autorisé à purger sa peine chez lui à Brasilia pour raisons de santé. Il doit toutefois se plier à des restrictions, comme s'abstenir d'utiliser les réseaux sociaux et de faire des déclarations publiques. Il avait nié avoir donné son autorisation pour que son image et sa voix soient utilisées pour le deepfake.