Une chance pour l'Ukraine?
La dernière offensive russe est un véritable fiasco

A plusieurs reprises, l'Ukraine semblait mal partie. Mais la grande attaque estivale russe a échoué. Avec une bonne stratégie, les Ukrainiens pourraient désormais renverser le cours du conflit.
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La 65e brigade mécanisée séparée des forces armées ukrainiennes lors d'un exercice près de Zaporijjia.
Photo: keystone-sda.ch

Ce devait être la «dernière offensive», censée briser le moral des Ukrainiens. Fin mai, la Russie a lancé sa grande attaque d’été, avec l’objectif de percer les lignes de défense et de provoquer l’effondrement du pays. Malgré quelques succès ponctuels, l’opération s’est soldée par un échec.

Nico Lange, ancien chef de cabinet au Ministère allemand de la Défense et aujourd’hui analyste pour la Conférence sur la sécurité de Munich, dresse un bilan sur Bluesky: «La thèse selon laquelle la Russie progresse inexorablement est fausse.» Certes, Moscou maintient la pression sur certains fronts, mais elle n’a pas atteint ses objectifs estivaux. Et d’ajouter: «L'Ukraine reprend de plus en plus l’initiative.»

Dans la région de Soumy, les Russes n’ont rien obtenu et auraient même été repoussés au-delà de la frontière. Sur certaines parties du front, dans les régions de Dnipropetrovsk et de Zaporijjia, ils avancent péniblement. «À l’est et au sud-est de l’Ukraine, il ne faut s’attendre ni à des percées ni à des changements stratégiques», conclut Nico Lange.

Beaucoup de victimes russes

Face à la solidité de la défense ukrainienne, les troupes russes cherchent à percer par petites unités. Elles recourent pour cela à des tenues de camouflage thermique, destinées à tromper les drones. Mais même ces tactiques n’ont guère porté leurs fruits.

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Selon Nico Lange, l’offensive d’été aurait coûté à la Russie entre 100'000 et 120'000 soldats, morts ou blessés. En avril, un responsable de l’OTAN estimait déjà les pertes totales depuis le début de la guerre à environ 900'000 hommes, dont près de 250'000 morts.

Une attaque réussie en Russie

La défense ukrainienne s’appuie sur deux volets. D’une part, les drones, qui ont permis de contenir l’avancée ennemie. Leur rayon d’action, actuellement d’environ 40 kilomètres, devrait être porté à près de 70 kilomètres, selon Nico Lange.

D’autre part, Kiev multiplie les frappes ciblées sur le sol russe: centrales électriques, dépôts de carburant, arsenaux, centres de commandement. Une stratégie qui touche le talon d’Achille de Vladimir Poutine, car elle perturbe à la fois le ravitaillement du front et le quotidien en Russie, marqué par des coupures d’électricité et des pénuries de carburant.

Avantage pour l'Ukraine

La saison à venir devrait jouer en faveur de la défense ukrainienne. La boue de la Raspoutitsa compliquera la progression des troupes russes, tandis que la chute des feuilles les exposera davantage aux drones.

En parallèle, l’Ukraine s’apprête à intensifier ses frappes en territoire russe. Elle a mis au point son propre missile de croisière, le Flamingo. Les Etats-Unis devraient en outre livrer à l’Europe des Tomahawk, susceptibles d’être transférés à Kiev. Ces projectiles pourraient atteindre Moscou et d’autres cibles situées loin à l’intérieur du pays.

Comme Poutine refuse tout compromis et a même renforcé son offensive après ses échanges avec le président américain Donald Trump, la guerre d’usure se poursuit. Selon Nico Lange, les deux camps parviennent pour l’heure à maintenir un équilibre sur la ligne de front.

Pour donner un avantage décisif à l’Ukraine, il recommande: «Les partenaires européens devraient profiter de l’échec de l’offensive russe pour réduire rapidement la dépendance énergétique vis-à-vis de Poutine, accroître leur soutien militaire et, pour une fois, prendre eux-mêmes l’initiative.»

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