Le Pentagone a annoncé vendredi rompre tous ses liens académiques avec l'université d'Harvard, un pas de plus dans l'offensive menée par l'administration Trump contre les grandes institutions universitaires accusées de «wokisme».
Le ministère de la Défense a précisé dans un communiqué que la fin de cette coopération – qui comprend formations militaires et des bourses – s'appliquerait à partir de l'année universitaire 2026-2027. Les militaires pourront terminer les formations déjà entamées au sein de la doyenne des universités américaines.
«Depuis trop longtemps, ce ministère envoie nos meilleurs et plus brillants officiers à Harvard en espérant que l'université comprendrait mieux et apprécierait notre classe de guerriers», a justifié le ministre de la Défense Pete Hegseth, cité dans le communiqué. «Au lieu de cela, trop nombreux sont nos officiers qui en sont revenus en ressemblant trop à Harvard, la tête pleine d'idéologies mondialistes et radicales», a-t-il ajouté.
75 universités visées
Donald Trump accuse Harvard et d'autres universités américaines de promouvoir une idéologie dite «woke» qui promeut une forte sensibilité aux injustices liées au racisme, sexisme et autres formes de discriminations, et de ne pas protéger suffisamment les étudiants juifs lors des manifestations pro-palestiniennes.
Son administration a déposé des plaintes judiciaires et exigé des indemnités exorbitantes contre des dizaines universités – au moins 75 selon une récente enquête du «New York Times». Il a annoncé lundi réclamer un milliard de dollars de dommages et intérêts à Harvard, assurant que son gouvernement ne voulait «plus avoir affaire, à l'avenir» avec l'université basée près de Boston (nord-est).
Au delà de Harvard, Pete Hegseth a précisé sur X que le Pentagone allait réévaluer ses coopérations avec tous les établissements de l'«Ivy League» qui regroupe les universités américaines d'élite -dont Harvard et Princeton dont le ministre est diplômé. Le chef du Pentagone dénonce régulièrement les mesures visant à accroître les opportunités pour les minorités dans l'armée. Son ministère a récemment annoncé revoir les effets de l'intégration des femmes dans les rôles de combat, autorisée depuis une dizaine d'années.