Des sanctions russes
Cible de Poutine, le géant Nestlé prépare sa riposte

Après le décret de Vladimir Poutine visant ses actifs en Russie, Nestlé tente de mesurer les conséquences. Le marché russe ne pèserait plus qu’un peu plus de 1% de ses ventes, selon Vontobel.
Après le décret de Vladimir Poutine visant ses actifs en Russie, Nestlé tente de mesurer les conséquences.
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AFP Agence France-Presse

Le géant suisse de l'alimentation Nestlé a annoncé vendredi prendre «toutes les mesures nécessaires» pour protéger ses droits en Russie et assurer la continuité de ses activités. Dans un bref communiqué, le groupe suisse dit «prendre note du décret présidentiel russe» concernant ses actifs dans le pays et est en train «d'évaluer la situation et les options» dont il dispose. Les actifs de Nestlé en Russie mais aussi ceux de la chaîne de grande distribution française Auchan et de l'ex-groupe Leroy Merlin (rebaptisé Lemana Pro en 2024) ont été transférés à une même société russe, selon un décret du président Vladimir Poutine publié jeudi.

D'après ce document publié sur le site des documents juridiques officiels, les parts de ces sociétés en Russie sont transférés à la société russe «L.E.V. Management». «Nestlé s'engage à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses droits et assurer la continuité de ses activités, dans l'intérêt de toutes les parties prenantes, et en particulier de ses employés», a réagi le groupe suisse vendredi.

Depuis l'offensive russe en Ukraine en février 2022 et les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux, de nombreuses multinationales ont quitté la Russie, d'autres y ont suspendu leurs activités ou ont été transférées à des sociétés russes. Selon les estimations de Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, la Russie ne représente actuellement qu'un peu plus de 1% du chiffre d'affaires de Nestlé. En 2021, avant le début du conflit en Ukraine, le pays représentait 2% de son chiffre «d'après les derniers chiffres divulgués», retrace l'analyste dans une note de marché.

Un impact «marginal»

Mais depuis, Nestlé y a «considérablement réduit ses activités», «en suspendant l'immense majorité de ses ventes, des importations et exportations non essentielles, de la publicité et des investissements en capital», les activités restantes dans le pays «se concentrant sur les produits alimentaires essentiels», ajoute-t-il. «Nous estimons par conséquent que la Russie contribue désormais à un peu plus de 1% des ventes du groupe», explique-t-il. Selon lui, l'impact financier pour Nestlé est donc «marginal», mais «la valeur d'actif et les modalités éventuelles d'une cession sont désormais les principaux risques financiers» pour ces activités en Russie.

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