Prisonniers soviétiques
La justice allemande poursuit un centenaire pour son passé nazi

Un ex-gardien présumé du camp nazi Stalag 326, aujourd'hui âgé de 105 ans, est visé par une enquête en Allemagne pour complicité dans des meurtres de prisonniers soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale, selon la justice allemande.
L'Allemagne enquête sur un gardien de camp nazi âgé de 105 ans.
Photo: imago/Leemage
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Un homme de 105 ans fait l'objet d'une enquête pour des crimes potentiellement commis dans un camp nazi de prisonniers pendant la Seconde Guerre mondiale, a annoncé jeudi la justice allemande.

«Le suspect, aujourd'hui âgé de 105 ans, serait un ancien gardien du camp de prisonniers de guerre Stalag 326 VI K», situé dans la région de la Senne dans l'ouest de l'Allemagne, a indiqué à l'AFP le parquet de Dortmund dans un communiqué.

Il lui est reproché «d'avoir, par son activité de l'époque, contribué à de multiples homicides». L'affaire a d'abord été révélée par le quotidien «Bild», qui a indiqué qu'un autre ancien gardien du même camp avait récemment fait l'objet d'une enquête, mais était décédé entre-temps.

Plusieurs procès

Le camp de la Senne a accueilli entre 180'000 et 200'000 prisonniers de guerre soviétiques entre 1941 et avril 1945, date à laquelle il a été libéré par les troupes américaines, selon le mémorial qui s'y trouve aujourd'hui. «Sur les quelque 5,3 à 5,7 millions de prisonniers de guerre soviétiques qui ont été faits captifs par l'Allemagne, entre 2,3 et 3 millions n'ont pas survécu», indique le mémorial.

Les prisonniers de guerre soviétiques souffraient de «malnutrition, d'un manque de soins médicaux adéquats, de conditions sanitaires épouvantables et de travail forcé». En 2025, le parquet de Dortmund avait également ouvert une enquête visant un ancien gardien centenaire d'un autre camp de prisonniers de guerre de la Seconde Guerre mondiale, qui détenait lui aussi principalement des prisonniers soviétiques.

Cet homme était soupçonné d'avoir pris part à des exécutions entre décembre 1943 et septembre 1944. Plusieurs procès de membres du personnel de camps nazis ont eu lieu ces dernières années, sous l'impulsion de la condamnation en 2011 de John Demjanjuk, ancien gardien du camp d'extermination de Sobibór (Pologne), malgré l'absence de preuve qu'il ait directement tué quiconque.

Mais plus de 80 ans après la fin de la guerre, le temps presse pour aboutir à des jugements. Josef Schütz, un ancien gardien condamné en juin 2022 à cinq ans de prison, est mort moins d'un an plus tard à l'âge de 102 ans.

En avril 2025, un ancien garde présumé du camp de concentration de Sachsenhausen, près de Berlin, est décédé avant de pouvoir être jugé pour des accusations de complicité dans le meurtre de plus de 3300 personnes.

Articles les plus lus