Le gouvernement de la République démocratique du Congo et l'alliance rebelle AFC/M23 ont réalisé des progrès importants lors des négociations à Montreux. Samedi, ils se sont mis d'accord sur l'accès humanitaire, la surveillance d'un cessez-le-feu et la libération des prisonniers.
Concrètement, le gouvernement et les rebelles de l'Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) se sont engagés à respecter le droit international, ont-ils annoncé dans une déclaration commune. Ils sont prêts à s'abstenir de toute attaque contre les biens et les infrastructures vitaux pour la population civile, tels que les denrées alimentaires, l'approvisionnement en eau, les hôpitaux et les écoles.
L'accès à une aide humanitaire rapide et sûre doit être facilité, les travailleurs humanitaires doivent être protégés et les biens humanitaires ne doivent être ni pillés ni détournés. Les blessés et les malades doivent bénéficier de soins médicaux.
Libération de prisonniers
Il a également été convenu de libérer les prisonniers dans un délai de dix jours afin de renforcer la confiance. Les parties ont de plus signé un protocole visant à surveiller le cessez-le-feu. Les premières missions de vérification doivent débuter dans un délai d’une semaine.
Ces négociations s'inscrivaient dans le cadre de la mise en oeuvre du processus de paix de Doha. Elles se sont déroulées du 13 au 17 avril à Montreux. En plus des parties au conflit, des représentants de la Suisse, du Qatar, des États-Unis, du Togo et de la Commission de l'Union africaine ont pris part aux discussions.
Des milliers de morts
L'est de la République démocratique du Congo, riche en matières premières, est en proie à la violence depuis des années. Plus d'une centaine de milices se disputent le contrôle des gisements de matières premières. Le groupe rebelle M23 contrôle de vastes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Début 2025, les violences ont fait des milliers de victimes après la prise par le M23 de la capitale provinciale Goma. Un million de personnes ont été déplacées. Une mission de l’ONU a accusé les rebelles de crimes contre l’humanité et l’armée de crimes de guerre.