Obtenus sous la torture
Les aveux du cerveau présumé du 11-Septembre jugés irrecevables

Khalid Cheikh Mohammed, accusé d'avoir orchestré les attentats du 11 septembre 2001, verra son procès débuter en 2028. La justice américaine rejette ses aveux obtenus sous la torture, selon le «New York Times».
Khalid Cheikh Mohammed a été capturé en mars 2003 au Pakistan.
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ATS Agence télégraphique suisse

La justice militaire américaine a déclaré vendredi irrecevables les aveux de Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme le cerveau des attentats du 11-Septembre, dont le procès doit s'ouvrir le 5 juin 2028 à Guantanamo, rapporte le «New York Times».

La décision du juge sur ce recours de la défense réclamant l'exclusion des aveux extorqués sous la torture ou la contrainte, rendue vendredi, selon le site de la commission en charge de ces tribunaux militaires, n'est pas encore consultable.

Mais le «New York Times» cite les conclusions du juge, le lieutenant-colonel Michael Schrama, confirmées par des avocats, selon lesquelles «l'accusation n'est pas parvenue à prouver de manière irréfutable que les déclarations de M. Mohammed au FBI ont été faites de son plein gré».

Khalid Cheikh Mohammed, Pakistanais élevé au Koweït, était l'un des principaux lieutenants d'Oussama ben Laden au sein de l'organisation jihadiste Al-Qaïda, jusqu'à sa capture en mars 2003 au Pakistan.

Avant son transfert sur la base militaire américaine de Guantanamo en septembre 2006, il est passé par les prisons secrètes de la CIA en Pologne pour y subir des séances d'interrogatoire sous la torture. Il a notamment été soumis 183 fois au «waterboarding» (noyade simulée) en quatre semaines.

Procès en 2028

Le dossier de l'accusation contre lui reposait sur ses interrogatoires à Guantanamo, mais elle en avait exclu le contenu de ceux réalisés pendant sa détention clandestine par la CIA. Le juge militaire va plus loin en déclarant également irrecevables ses déclarations aux interrogateurs à Guantanamo en 2007, souligne le journal.

Le lieutenant-colonel Schrama tire ces conclusions de la «poursuite du conditionnement psychologique et la coercition sévère de la CIA» sur le détenu après son arrivée à Guantanamo. Il relève en outre que les agents du FBI, la police fédérale, ont délibérément omis de l'aviser de son droit à garder le silence et à un avocat et du fait que son témoignage pourrait être utilisé contre lui au procès, selon le journal.

Ce même juge a fixé cette semaine au 5 juin 2028 l'ouverture du procès tant attendu de Khalid Cheikh Mohammed et de trois autres accusés pour «terrorisme» et meurtre de près de 3000 personnes dans les attentats commis sur le sol américain le 11 septembre 2001.

Les quatre hommes, qui font partie des tout derniers détenus de Guantanamo, n'ont jamais été jugés, la procédure s'étant embourbée autour de la question de savoir si les tortures subies rendaient irrecevables les éléments à charge retenus contre eux.

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