«Des aveux forcés»
L'Iran condamne à morts quatre autres manifestants présumés

Quatre Iraniens, dont une femme, ont été condamnés à mort par un tribunal de Téhéran pour leur rôle présumé dans les manifestations de janvier. Des ONG dénoncent des procès inéquitables et l'utilisation d'aveux forcés sous torture.
Quatre Iraniens ont été condamnés à mort par un tribunal de Téhéran pour leur rôle présumé dans les manifestations de janvier.
Photo: AFP
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Les autorités iraniennes ont condamné à mort quatre nouvelles personnes, dont une femme, en lien avec les manifestations de janvier, ont indiqué mardi plusieurs organisations de défense des droits humains.

L'Iran a déjà procédé à sept exécutions en rapport à ces manifestations, dont la répression a fait des milliers de morts et mené à des dizaines de milliers d'arrestations, selon plusieurs organisations en Iran et à l'extérieur du pays. Des organisations de défense des droits humains accusent l'Iran d'utiliser la peine de mort comme un outil de répression, redoutant qu'il n'en intensifie l'usage sur fond de guerre avec Israël et les Etats-Unis.

Les quatre manifestants ont été condamnés à mort par un tribunal révolutionnaire de Téhéran après avoir été reconnus coupables d'actions pour le compte des Etats-Unis, ont indiqué, dans des communiqués distincts, l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) et le Centre Abdorrahman Boroumand.

Ils étaient accusés d'avoir jeté des blocs de béton depuis un immeuble sur les forces de sécurité à Téhéran. Parmi eux, Bita Hemmati est considérée comme la première femme à être condamnée à mort en lien avec ces manifestations.

«Des aveux forcés»

Le Centre Abdorrahman Boroumand a indiqué qu'elle était probablement la femme qui apparaissait en janvier dans une vidéo de la télévision d'Etat, interrogée en personne par le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei. «L'enregistrement et la diffusion d'aveux forcés de prévenus dans le cadre d'une procédure opaque (...) constituent une violation flagrante des droits de la défense», a estimé le centre, basé aux Etats-Unis.

Lundi, l'ONG Iran Human Rights (IHR), installée en Norvège, et l'organisation Ensemble contre la peine de mort (ECPM), basée à Paris, avaient indiqué dans leur rapport annuel qu'au moins 1639 personnes avaient été exécutées en 2025, dont 48 femmes, un record.

Outre sept personnes déjà exécutées, des condamnations à mort ont été prononcées contre au moins 26 autres personnes arrêtées en lien avec les manifestations de janvier, selon IHR. Plusieurs centaines d'autres font face à des accusations passibles de la peine capitale.

«Des dizaines de personnes arrêtées lors des manifestations de janvier 2026 ont été condamnées à mort à l'issue de procès expéditifs profondément inéquitables, sans accès à un avocat indépendant et reposant sur des +aveux+ forcés extorqués sous la torture et utilisés comme preuves», a dénoncé le Center for Human Rights in Iran, basé à New York.


Articles les plus lus