Quelque chose de précieux dans le détroit d'Ormuz
Les mollahs se frottent les mains face à cette erreur embarrassante des Américains

Mardi, les forces navales iraniennes ont réalisé une prise exceptionnelle dans le détroit d'Ormuz. Dans des situations similaires par le passé, les Etats-Unis avaient déployé d'importants moyens pour empêcher leur matériel militaire de tomber entre les mains de Téhéran.
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Mardi, la marine iranienne a repêché un sous-marin américain sans équipage de type Dive LD dans le détroit d'Ormuz.
Photo: Sepahnews via AP

En bref

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  • La marine iranienne a capturé mardi un sous-marin américain sans pilote dans le détroit d'Ormuz. Ce submersible ultramoderne, baptisé «Dive LD», mesure six mètres et peut opérer jusqu'à 6000 mètres de profondeur.
  • Ce drone sous-marin, conçu pour la «guerre des mines», coûte 2,5 millions de dollars. L'Iran prévoit de le décortiquer et de perfectionner ses propres technologies militaires.
  • Depuis 1979, l'Iran produit ses armes localement, souvent en reproduisant celles capturées. Des experts craignent une avancée technologique iranienne grâce à cette prise.
Samuel Schumacher

Attaquer des navires, bombarder des bases américaines, proclamer des zones interdites: depuis bientôt sept mois, les Iraniens mènent la vie dure aux agresseurs américains grâce à ces tactiques. Efficaces, elles n'ont toutefois plus rien de surprenant. Mais les mollahs viennent de réussir un coup de maître qui pourrait rendre la guerre au Proche-Orient encore bien plus meurtrière.

Mardi, la marine iranienne – que les Etats-Unis ont maintes fois déclarée morte – a repêché dans le détroit d'Ormuz un sous-marin américain sans pilote à la pointe de la technologie. Baptisé «Dive LD», ce monstre des profondeurs de six mètres de long, qui rappelle un zeppelin, a été conçu par le fabricant d'armes américain Anduril Industries.

Le submersible peut effectuer des missions en autonomie pendant jusqu'à dix jours et plonger jusqu'à 6000 mètres de profondeur. Selon ses fabricants, il est parfaitement adapté à la «guerre des mines» et au «placement précis» de charges dangereuses. Coût unitaire: 2,5 millions de dollars. Une belle prise pour les Iraniens, qui exploitent déjà cette découverte rare à tous les niveaux.

Un précieux butin pour les ingénieurs iraniens

L'ambassade d'Iran en Inde a annoncé sur X une grande «cérémonie de déballage par nos ingénieurs». Au Ghana, leurs collègues ont de leur côté souligné que le sous-marin, au moment de son échouage, «clignotait encore comme un idiot».

Une chose est sûre: l'Iran excelle dangereusement dans la reproduction et le perfectionnement des systèmes d'armement qu'il capture. Depuis la création de la République islamique en 1979, l'Occident ne vend plus d'armes à Téhéran.

Les mollahs ont donc misé entièrement sur la production nationale et formé leurs ingénieurs et ingénieures en conséquence dans les grandes écoles d'ingénieurs. Ce n'est pas seulement ce que confirme le service de renseignement militaire américain (DIA) dans un rapport de situation. Les impressionnants arsenaux des armées par procuration iraniennes à Gaza, au Yémen ou au Liban en témoignent également.

Percer les secrets du drone

Ce «drone sous-marin» ultramoderne sorti des ateliers d'armement de Washington tombe donc à point nommé pour les concepteurs de Téhéran. Peu importe que les généraux américains responsables minimisent la portée de l'affaire ou que les fabricants insistent sur le fait que le logiciel de leur zeppelin des profondeurs soit «protégé»: ce tout dernier modèle, que les Américains ont de fait livré aux Iraniens, permettra bientôt aux fabricants de bombes de Téhéran de mener leur guerre dans le détroit d'Ormuz de manière encore plus efficace et meurtrière.

Sans parler de l'intérêt que devraient bien sûr porter les amis des mollahs à Moscou et à Pékin à ce que renferme ce super-engin américain. Des experts des deux camps mettent en garde contre les conséquences de ce coup d'éclat iranien.

Kevin Rowlands, spécialiste de la guerre navale au Royal United Services Institute britannique, a déclaré à Reuters que les Iraniens reproduiraient le drone et en tireraient ainsi de nombreux enseignements sur la technologie américaine. De son côté, Farzin Nadimi, spécialiste du Proche-Orient au Washington Institute for Near East Policy, craint que le drone capturé ne permette aux mollahs d'améliorer leurs propres sous-marins et drones maritimes.

L'Iran n'en est pas à son coup d'essai

Un incident survenu en 2022 illustre à quel point les Américains prenaient alors au sérieux le risque de voir leur matériel militaire tomber entre les mains des Iraniens. Sous la présidence de Joe Biden, les Etats-Unis avaient dépêché un navire de guerre accompagné d'hélicoptères de combat pour empêcher les Iraniens de s'emparer de l'un de leurs appareils de mesure militaires.

En 2011, le président de l'époque, Barack Obama, était même allé jusqu'à demander publiquement à Téhéran de restituer un drone américain intercepté dans l'espace aérien iranien. L'Iran n'a évidemment pas songé à le restituer. Il a au contraire rapidement reproduit le drone RQ-170 Sentinel Stealth avec succès, comme en témoignent les drones «Simorgh» des mollahs, directement inspirés du modèle américain.

Le président américain Donald Trump n'a pour l'instant pas commenté ce nouvel affront. Sa contribution au débat s'est limitée à une proposition formulée lors d'un meeting électoral au Texas: rebaptiser le détroit d'Ormuz «détroit de Trump».

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