La classe politique française a exprimé sa réprobation vendredi devant les propos du président Emmanuel Macron, accusé d’occulter de précédents attentats pour avoir qualifié de «première» une attaque «en raison de la couleur de peau ou de la religion» survenue près de Paris.
Vendredi, un homme soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à des personnes issues de l’immigration a tué une personne et fait cinq blessés lors d’une fusillade entre la ville populaire de Trappes et La Verrière, à l’ouest de la capitale. Il a été interpellé et placé en garde à vue.
«C’est un tournant parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne», a affirmé Emmanuel Macron, en déplacement dans la soirée à Trappes.
Des deux côtés de l’échiquier politique en passant par des associations, le chef de l’Etat est accusé d’occulter par cette sortie plusieurs attentats, notamment des 15 dernières années, ayant ciblé spécifiquement des personnes juives ou catholiques en raison de leur religion.
«Factuellement fausse»
«Contrairement à ce que vous déclarez, ce n’est pas “la première fois” que des Français sont visés et tués, dans le cadre d’une opération terroriste planifiée, “en raison de leur couleur de peau ou de leur religion”», a lancé sur la plateforme X Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (extrême droite), premier parti dans les sondages pour l’élection présidentielle d’avril 2027.
«Cette déclaration du président de la République est factuellement fausse donc politiquement problématique», a abondé le député du Parti socialiste Jérôme Guedj.
Le député européen et membre des Républicains, François-Xavier Bellamy, a lui appelé Emmanuel Macron à ne pas, «pour faire croire qu’elle est un “tournant”, nier soudain la réalité des larmes versées par la France depuis bien trop longtemps».
«Soirée tragique où un président choisit ses morts», a encore tancé la députée européenne Sarah Knafo (Reconquête, extrême droite).
Pas de «hiérarchie»
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi, s’est lui aussi ému de la déclaration d’Emmanuel Macron: «Ce n’est malheureusement pas “la première fois” qu’un tel attentat se produit en France», a-t-il dit.
Dans la soirée, la présidence française a réagi à la polémique en expliquant que «le chef de l’Etat parl(ait) bien évidemment du premier attentat raciste sur le fondement de la couleur de peau commis dans notre pays, ainsi qu’il l’a précisé au début de son intervention».
Emmanuel Macron a lui-même écrit dans un message sur X vouloir «rappeler une vérité essentielle et éviter toute polémique: notre pays a connu, ces dernières années, des attentats qui ont frappé des chrétiens parce qu’ils étaient chrétiens et des juifs parce qu’ils étaient juifs. Aucune de ces victimes ne doit être oubliée. Aucune douleur ne doit être hiérarchisée», a-t-il souligné.