Le titre de son dernier livre, coécrit avec Eric Dupond-Moretti, dit ce que Roselyne Bachelot ne veut plus cacher. «Décidément, non!» (éd. Plon) est un essai engagé, pour démontrer que le Rassemblement national n'est pas la solution aux problèmes de la France. «Je ne me dérobe pas. J'attaque. Je défends notre héritage républicain car il est menacé», assène l'ancienne ministre de la Culture. L'heure n'est plus aux nuances. Pas question de laisser son camp politique, la droite, glisser vers le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella. «Stop! Il faut arrêter cette folle glissade», poursuit-elle au micro de Blick.
Roselyne Bachelot, première invitée de notre podcast remanié, qui, deux fois par mois, accueillera une personnalité française ou suisse pour parler de notre voisin? Cela s'imposait presque. Pour sa liberté de parole bien connue. Pour sa défense forcenée du «bon sens populaire» que les extrêmes prétendent accaparer. Pour son attachement viscéral aux valeurs de la République, de la part d'une femme qui, «toute jeune, sauta sur les genoux du général de Gaulle». Son père, Jean Narquin, fut député gaulliste de Maine-et-Loire, de 1968 à 1986.
Pas question d'accabler Macron
«Non!» Cette injonction revient souvent dans cet entretien passionné, qui s'écoute d'une traite. Non à ceux qui critiquent, en ce début de campagne présidentielle française, la profusion des candidats. «Et alors, le choix est bon pour la démocratie!», s'exclame notre invitée, convaincue que les premiers kilomètres de ce marathon politique vont rapidement faire le tri. «Non!» aussi à ceux qui accablent aujourd'hui Emmanuel Macron, chef de l'Etat sortant auquel plusieurs des prétendants actuels à l'Elysée doivent tout. Mais c'est le «Non!» aux extrêmes qui l'emporte. Celle qui se définit comme une «chiraquienne à poils durs», référence à sa fidélité au président Jacques Chirac et à son parti historique, le RPR, refuse le délitement du camp conservateur.
«Non!» Ce seul mot pourrait servir de programme à une candidate nommée… Roselyne Bachelot. Mais cette dernière ne lorgne pas du tout vers l'Elysée, ce palais présidentiel parisien qu'elle connaît si bien. Son «Non!» n'est pas celui du dégagisme. Il est au contraire celui du refus des caricatures et des solutions présumées faciles en politique. Un entretien-vérité pour cette authentique «républicaine».
A lire: Décidément non! Le RN: ce que nous ne pouvons pas taire, de Roselyne Bachelot et Eric Dupond-Moretti (éd. Plon).