En examen par le Sénat
Des milliers de manifestants à Paris face au «permis de tuer»

Des milliers de personnes ont manifesté à Paris contre la proposition de loi sur l’usage des armes par la police. Le texte, adopté par les députés, doit encore être examiné au Sénat.
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«La police tue déjà (...), nous devons faire échouer cette loi», a déclaré la députée insoumise Mathilde Panot.
Photo: AFP
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ATS Agence télégraphique suisse

Quelques milliers de personnes, dont des députés de gauche et des représentants de syndicats de magistrats, ont manifesté dimanche à Paris contre la proposition de loi sur la présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre. Un texte qui revient selon eux à «un permis de tuer».

«La police tue déjà (...), nous devons faire échouer cette loi» qui «ne doit pas être inscrite à l'ordre du jour du Sénat», a déclaré la députée insoumise Mathilde Panot, quelques minutes avant le départ du cortège, place de République.

«En République, il ne peut pas y avoir d'organisation d'impunité policière (...). En République, il ne peut y avoir une catégorie de citoyens qui a le droit de vie ou de mort sur d'autres citoyens», a-t-elle estimé.

«Non au permis de tuer, non à l'impunité», a de son côté lancé Samia El Khalfaoui, cofondatrice de l'association Stop aux violences d'Etat, avant d'égrener les prénoms de plusieurs jeunes, «la plupart issus des quartiers populaires», tombés sous les balles des forces de l'ordre.

«Inverser la charge de la preuve»

Aujourd'hui, ce «permis d'exécuter» «veut inverser la charge de la preuve», a estimé Amal Bentousi, soeur d'Amine, un braqueur tué par un policier d'une balle dans le dos en 2012 en Seine-Saint-Denis.

Voté le 7 juillet par les députés, le texte sur la présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre prévoit que policiers et gendarmes «sont présumés avoir agi» dans le respect de la loi quand ils «font usage de leurs armes». Il doit désormais être examiné par le Sénat.

Une centaine de marches et de rassemblements étaient prévus ce weekend en France, notamment à Marseille, Lyon, ou encore Lille, contre le texte. A Paris, plusieurs organisations comme Amnesty International, la Ligue des droits de l'homme ou encore le Syndicat de la magistrature participaient à la marche.

Samedi, une trentaine d'actions, notamment à Lorient, Caen, Carcassonne, Rennes ou Annecy, ont mobilisé environ 13'500 manifestants, selon un décompte de la police. A Rennes, où 2000 personnes ont manifesté, huit personnes ont été interpellées et trois policiers blessés à la suite de «jets de projectiles» sur la police.

Appel à la vigilance

Samedi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a demandé aux préfets et aux responsables des forces de sécurité intérieure une «particulière vigilance» lors de ces manifestations, craignant des incidents.

Une pétition contre cette loi a rassemblé 730'000 signatures sur le site de l'Assemblée nationale, mais a été classée par les députés membres de la commission des Lois en juillet.

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