En bref
- Céline Dion fait son grand retour sur scène ce samedi 12 septembre à la Plenitude Arena de La Défense à Paris, six ans après l'arrêt de sa tournée mondiale. La chanteuse québécoise de 58 ans entame une série de seize concerts jusqu'au 17 octobre, suivis de dix dates supplémentaires en mai 2027.
- Les 480 000 billets des premiers concerts ont été vendus en seulement quatre jours, avec des tarifs allant de 89,50 à 298,50 euros, et des places premium atteignant 1 100 euros.
- L'événement génère une activité économique significative, avec des retombées estimées entre 500 et 800 millions d’euros pour la région parisienne. Les hôtels affichent complet, les réservations de logements de courte durée augmentent de 37 %, et les prix des hôtels grimpent jusqu’à 50 % pour certaines dates.
Paris et la France ont bien besoin d’un miracle en ces temps de dette publique record et de stagnation économique. Bingo! Le miracle vient du Québec, et il a transformé samedi soir la capitale française en poule aux œufs d’or musicale. Grâce à Céline Dion, a démarré ce 12 septembre devant 30'000 personnes une série de concerts présentés comme l’événement culturel de l’année, tout devient possible. C’est en tout cas ce que croit le maire socialiste de la ville, Emmanuel Grégoire, qui rêve de voir les estimations des retombées économiques se concrétiser. Entre hôtels, locations, merchandising et dépenses des fans sur place, les revenus indirects générés par les apparitions de la chanteuse canadienne sont estimés à un milliard d’euros! L'édile était d'ailleurs présent au concert en compagnie des candidats à la présidentielle de 2027 Edouard Philippe et Gabriel Attal, anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron.
N’est-ce pas accorder un peu trop d’importance économique au tsunami «Céline»? Qu’importe. Alors que la campagne pour l'Elysée démarre et que la préparation du projet de budget pour 2027 ressemble à un terrain miné pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, tout est bon à prendre pour redonner de l’espoir aux Français.
Déprime économique française
Avec une estimation de croissance pour 2026 à 0,4 % (contre 1 à 1,3 % pour la Suisse), une dette publique qui dépasse les 3 500 milliards d’euros et un déficit public qui pourrait flirter avec les 6 % (soit le double des fameux critères requis pour les pays dotés de la monnaie unique), la France est en train de prendre le bouillon. «Le piège se referme sur l’économie française», titrait ce samedi 12 septembre, jour du premier concert de Céline Dion à l’Arena de la Défense, le quotidien «Le Monde». Alors, rien de tel qu’une diva pour voir «la vie en rose». Samedi soir, Céline Dion a en tout cas prouvé qu’elle était capable de retrouver la scène et sa voix après plus de six ans sans concert complet. Visiblement bouleversée, elle a même dû s’interrompre quelques secondes dès la première chanson, «On ne change pas», pour essuyer ses larmes.
800'000 spectateurs attendus
Les chiffres de celle que tous ses fans, présents depuis des jours devant son hôtel parisien, appellent «Céline» sont, il est vrai, stupéfiants, preuve de son extraordinaire popularité. Six ans après l’interruption de sa tournée mondiale, la Québécoise de 58 ans est partie pour une séquence «émotion» de seize concerts jusqu’au 17 octobre, avant dix dates supplémentaires en mai 2027.
Au total, près de 800'000 spectateurs sont attendus ! Tous les billets se sont vendus en quatre jours et certaines places, au marché noir, se sont négociées à plusieurs milliers d’euros! Six dates supplémentaires avaient dû être ajoutées presque immédiatement aux dix initialement prévues. Petit clin d’œil helvétique, la salle de l’Arena de la Défense, dans le quartier des affaires de l’ouest parisien, a été construite et imaginée par un magnat franco-suisse de l’immobilier, Jacky Lorenzetti. Ce dernier l’a vendue, au début de 2026, au géant du show-business «Live Nation».
L’adhésion de la France à Céline Dion avait été confirmée lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, le 26 juillet 2024. Sous la pluie, depuis la tour Eiffel, la superstar avait alors, pour conclure l’événement, entonné un «Hymne à l’amour» — autre chanson d’Edith Piaf — d’anthologie. La planète entière avait versé des larmes sur cette chanson, alors que l’intéressée, souffrant d’une maladie rare, avait défié tous les pronostics et réussi une prouesse vocale et musicale.
Paris, la ville de la diva
Paris ne pouvait dès lors pas laisser passer l’occasion. Son retour devait être en France, même si sa carrière s’est beaucoup déroulée aux États-Unis, et notamment à Las Vegas. Pour parachever cette communion politique et culturelle, Céline Dion a entamé ses concerts alors que son pays, le Canada, malmené par l’administration Trump, s’est beaucoup rapproché de l’Union européenne. L’idée que le grand voisin des États-Unis puisse même, un jour, devenir associé à l’UE flotte désormais dans les esprits à Bruxelles.
Chanteuse internationale, Céline Dion ne s’est pas limitée, à la Défense Arena, à ses succès en langue française. L’anglais a eu une place de choix dans ce premier concert de près de 2h25. Après «On ne change pas» et «Destin», elle a notamment interprété «Because You Loved Me», tandis que «Pour que tu m’aimes encore», «J’irai où tu iras», «S’il suffisait d’aimer» et «My Heart Will Go On» figuraient également au programme. Les retombées de ses concerts sont scrutées par les instituts économiques les plus sérieux. Une étude évalue entre 570 millions et près d’un milliard d’euros les dépenses liées aux premiers concerts, en incluant billetterie, hôtels, restauration, transports et shopping. La seule billetterie des 480 000 premières places pourrait représenter entre 86 et 110 millions d’euros. Environ un tiers des spectateurs viendront de l’étranger. Les TGV Lyria entre la France et la Suisse affichent complets en raison de l'événement. Selon les médias français, les soirées de concert ont déjà entrainé 37% de réservations supplémentaires dans les locations de courte durée, avec des prix en hausse de 25%. Et, pour certaines dates, des augmentations du prix des hôtels allant jusqu’à 50% par rapport à 2025.
Un cocktail «Céline»
Pour plaire aux fans de la diva, tout le monde s’adapte. Un cocktail baptisé «le Céline» est servi dans les bars parisiens, à base de vodka, ginger beer, citron et sirop d’érable. La «poutine», le fameux plat québécois — rien à voir avec le président russe —, est aussi au menu les soirs de spectacle. Les Galeries Lafayette ont ouvert un pop-up store consacré à la chanteuse. Une opération publicitaire baptisée « Céline Paris Expérience », avec des écrans depuis les aéroports jusqu’au cœur de la capitale, a inondé Paris d’images de celle dont plusieurs succès internationaux ont été composés par Jean-Jacques Goldman.
«J’avais fait une promesse. J’avais promis de revenir, d’être de nouveau sur scène», leur a lancé une Céline Dion en larmes avant de remercier son public pour son soutien et sa patience. Pari tenu après environ 2h25 de spectacle: six ans après son dernier concert complet, Céline Dion était bel et bien de retour. Son dernier tube de la soirée? «All by myself» (Vraiment toute seule). Un refrain que pourrait entonner la France en cette rentrée 2026, minée par l’inquiétude d'une possible crise de la dette et par un climat social toujours explosif.