Les principaux lieutenants de Jean-Luc Mélenchon ont justifié dimanche leur volonté d'instaurer un «état d'urgence sociale» dans la foulée de l'élection présidentielle. Ils veulent appliquer par décrets certaines mesures emblématiques, comme la hausse du Smic ou la retraite à 62 ans.
Le candidat insoumis à l'Élysée a affirmé samedi, lors de son meeting du Bourget, qu'il avait «besoin d'instruments juridiques pour pouvoir intervenir d'un seul coup et en masse», afin de «répondre à la détresse immédiate», sur le modèle de l'état d'urgence créé en 1955 pour «suspendre les libertés publiques».
«Mesures immédiates»
Face à «une situation de souffrance sociale, de difficultés économiques, telles que celles qu'on est en train de vivre (...) il faut être en capacité de prendre des mesures immédiates», a expliqué sur BFMTV Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise (LFI).
Ceci nécessiterait «d'ouvrir davantage de pouvoirs d'action sur un certain nombre de sujets pour le gouvernement par décret», par exemple pour «bloquer les prix des carburants» ou abroger la dernière réforme des retraites (et donc ramener l'âge légal à 62 ans) «quelques jours après notre arrivée au pouvoir», a dit Manuel Bompard.
Il faudrait aussi «augmenter tout de suite le Smic à 1700 euros net», a ajouté sur LCI sa collègue députée Clémence Guetté. La responsable du programme de LFI a estimé qu'au lendemain du second tour de la présidentielle, prévu le 2 mai, «les gens ne (pourront) pas attendre que le Parlement se mette en place», car cela «voudrait dire prendre les premières mesures pas avant septembre, octobre 2027».
Un droit de regard
Pour autant, le Parlement aura «un droit de regard» sur ces «décrets d'urgence», et si, après coup, «la loi qui permet de valider ces dispositifs de l'état d'urgence sociale» est rejetée, «nous respecterons la souveraineté démocratique des représentants du peuple», a-t-elle assuré.
«Le contrôle du Parlement n'est pas remis en cause», a également souligné Manuel Bompard, indiquant qu'un éventuel gouvernement insoumis devrait «évidemment rendre des comptes devant l'Assemblée nationale» et que les députés «qui ne seraient pas en accord avec (les) mesures mises en place» pourraient toujours «déposer des motions de censure pour le renverser».