Polémiques et promesses
Les incendies français enflamment la présidentielle

Impossible pour un candidat à la présidentielle française de ne pas se préoccuper des incendies qui dévastent le sud-ouest. Or pour l'heure, le mieux placé est celui qui ne s'est pas déclaré candidat: le Premier ministre Sébastien Lecornu.
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Les feux de forêt continuent en Gironde, où la canicule relance le risque de nouveaux incendies.
Photo: keystone-sda.ch

En bref

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  • Sébastien Lecornu, 40 ans, Premier ministre français, a annulé ses vacances pour gérer la crise des incendies qui ravagent plusieurs régions de France, notamment en Gironde, où plus de 200'000 personnes ont été évacuées.
  • Malgré un budget accru pour la protection civile, la France manque cruellement d'avions anti-incendie, soulevant des critiques sur l'impréparation de l'État.
  • Le réchauffement climatique s'impose comme un enjeu clé pour l'élection présidentielle de 2027.
Richard Werly
Richard WerlyJournaliste Blick

Il est celui qui, peut-être, pourrait être le grand vainqueur de la séquence politique douloureuse des incendies de forêt en France. Sébastien Lecornu, 40 ans, a décidé de renoncer à ses vacances pour rester tout l'été dans son bureau de Premier ministre, à l'hôtel de Matignon.

Objectif: rassurer ses compatriotes, inquiets devant la progression des incendies qui ont, dans le seul département de la Gironde, entraîné l'évacuation de plus de 200'000 personnes. Manière, aussi, de se positionner comme le garant de la puissance publique après un déplacement controversé d'Emmanuel Macron à Bordeaux, où le président français a été boycotté par plusieurs maires des communes dévastées par les flammes.

Incendies et politique

Après un mois de feux de forêt, dans le Var, dans la Drôme, à Fontainebleau, en région parisienne, en Gironde et dans les Landes, les deux réalités sont liées. Grâce à l'activation du mécanisme de solidarité européen, des moyens aériens de lutte contre les flammes ont été apportés à la France par l'Allemagne, la Roumanie, la République tchèque, le Portugal, la Suède ou encore l'Autriche. Normal, puisque ce mécanisme est prévu pour cela et que l'Espagne, où les feux entourent toujours Madrid, en a aussi bénéficié.

Reste la question qui fait mal: pourquoi la France manque-t-elle d'avions anti-incendie? Et pourquoi l'actuel gouvernement, qui a beaucoup augmenté le budget des armées et consolidé celui de la protection civile, semble-t-il avoir mal anticipé l'étendue de la catastrophe?

Le sujet du réchauffement climatique

Autre sujet désormais incontournable dans les débats de la campagne présidentielle qui s'annonce et démarrera en septembre: le réchauffement climatique. Emmanuel Macron avait démarré son premier mandat avec une nomination symbole: celle de l'activiste écologiste Nicolas Hulot à la tête du ministère de l'Environnement. Depuis, tout s'est compliqué. L'intéressé a d'abord démissionné avec fracas le 28 août 2018, après un an au gouvernement.

Le même Macron a ensuite mis sur pied, à l'automne 2019, une Convention citoyenne pour le climat. Cette assemblée de citoyens, organisée par le Conseil économique, social et environnemental, rassemblait 150 volontaires représentatifs de la population, sélectionnés par tirage au sort. Leur mission? Proposer des solutions pour diminuer d'ici à 2030 les émissions de gaz à effet de serre de la France d'au moins 40% par rapport à 1990. Au final? Leurs recommandations n'ont été que partiellement prises en compte et le président a surtout mis l'accent sur l'énergie nucléaire...

Marine Le Pen interpellée

Que va-t-il donc rester de ces incendies lorsque les candidats sillonneront le pays en vue du scrutin des 18 avril et 2 mai 2027? «Marine Le Pen bientôt rattrapée par la question climatique? Alors que les événements liés au dérèglement climatique s'imposent de plus en plus dans l'actualité, les propositions du parti d'extrême droite sur la question restent marginales», interroge l'hebdomadaire L'Express.

Autre interrogation pour Le Point: «Mélenchon, Bardella, Attal... La parole politique est ridiculisée par les incendies monstres», peut-on lire dans le magazine conservateur. Lequel ajoute: «Polémiquer, comme le leader insoumis et d'autres? Compatir, comme Philippe? Se défendre, comme le gouvernement? Que de mauvaises solutions!» Sans surprise, c'est à la candidate écologiste Marine Tondelier qu'est revenu le soin d'enfoncer le clou: «Il y a une responsabilité lourde de l'Etat dans l'impréparation et dans ce qui se passe aujourd'hui», a-t-elle tonné à plusieurs reprises, elle à qui les sondages accordent entre 4 et 8% des intentions de vote.

Attal, victime collatérale

La victime collatérale des incendies pourrait en tout cas être l'ancien Premier ministre Gabriel Attal. Le parti de gauche radicale La France insoumise l'accuse d'être responsable d'une coupe budgétaire ayant mené à l'annulation de la commande de deux Canadair supplémentaires, après la vague d'incendies ravageurs qui avait déjà touché le Sud-Ouest de la France en 2022.

Emmanuel Macron avait ensuite annoncé un plan prévoyant l'acquisition de quatre Canadair, ainsi que le remplacement des douze appareils déjà en service avant 2027. Une décision ensuite remise en cause par le candidat à l'élection présidentielle de 2027, comme le confirme un rapport publié le 21 novembre 2024. Deux commandes de Canadair avaient été annulées. Ce que conteste aujourd'hui l'intéressé, au coude à coude dans les enquêtes d'opinion avec un autre ancien chef de gouvernement: Edouard Philippe.

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