«A vomir et inexcusable»
Le RN en pleine tempête après les propos racistes d'un policier affilié au parti

Le Rassemblement national est dans la tourmente après la diffusion de propos racistes tenu par un policier affilié au parti. L'agent, également membre du service d'ordre du parti, a été exclu, a annoncé la formation d'extrême-droite.
Le RN tente d'éteindre l'incendie après la diffusion de propos racistes tenus par un policier membre de son service d'ordre.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Le Rassemblement national veut circonscrire rapidement l'incendie: après la diffusion d'une vidéo dans laquelle un policier municipal de Carcassonne tient des propos racistes et complotistes, le parti d'extrême droite a annoncé mercredi l'exclusion immédiate de l'agent qui était encarté au RN.

«Ils roulent vite, ces bougnes, hein? Hier, ils étaient sur un chameau, aujourd'hui une voiture...», lance l'agent à ses collègues sur ces images rendues publiques mardi soir par le quotidien Midi Libre.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé mercredi avoir ordonné, dans un message posté sur X, un «contrôle de la police municipale de Carcassonne par l'inspection générale de l'administration (IGA)», et condamné les propos «à caractère raciste» de policiers de cette ville, «indignes de l'uniforme de la police municipale».

Policier radié du RN

Ces propos, accidentellement captés en novembre 2025 par la caméra piéton d'une patrouille, ont conduit le parquet de Carcassonne à ouvrir une enquête, a-t-il confirmé mercredi à l'AFP sans préciser quand les investigations avaient démarré.

La direction du RN, qui a condamné «avec la plus grande fermeté» dans un communiqué, ces propos «pénalement répréhensibles» a affirmé avoir «immédiatement procédé à sa radiation des effectifs du service d'ordre ainsi qu'à son exclusion du Rassemblement national». En arrêt maladie après la diffusion de la vidéo en interne, le policier a repris du service le 16 mars, au lendemain du 1er tour des municipales.

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Dans l'intervalle, il a notamment assuré la protection du président du RN, Jordan Bardella, lors d'un déplacement à Carcassonne en février qui visait à soutenir Christophe Barthès, candidat RN qui a remporté la mairie le 22 mars. L'édile RN a dénoncé mercredi des propos «à vomir et inexcusables» lors d'un bref point-presse sans répondre aux questions des journalistes présents.

Journalistes privés de point presse

Deux reporters du groupe «La Dépêche du Midi», dont fait partie le «Midi Libre» ayant diffusé la vidéo, ont été interdits d'accès à ce point-presse, sur fond de mesures «d'intimidation» récurrentes de la mairie RN depuis son élection à l'égard des journalistes de la «Dépêche» et de «l'Indépendant», selon le directeur de l'Information du groupe, Lionel Laparade. «On y voit une mesure de représailles au travail d'investigation réalisé par les journalistes du groupe La Dépêche», a-t-il déclaré à l'AFP.

Devant les autres journalistes, le maire RN a assuré que «tous les protagonistes de cette affaire (seraient) suspendus immédiatement et sanctionnés», tout en dénonçant une «volonté de nuire à la nouvelle équipe municipale». Une enquête administrative, dont il a indiqué avoir reçu le 19 mai les conclusions, n'aurait selon lui pas permis «d'établir avec certitude l'identité des auteurs de chacun des propos enregistrés».

Pléthore d'injures racistes

La nouvelle municipalité aurait embauché depuis son installation «un chargé de mission sécurité qui a pour objectif de réorganiser la police municipale à Carcassonne et de mettre fin à des années de laxisme qui ont conduit à la situation que nous connaissons aujourd'hui», a encore expliqué Christophe Barthès.

Dans la vidéo enregistrée, l'agent encarté au RN commente après avoir répondu à une administrée qui appelle après avoir percuté un animal: «Non, c'est peut-être un migrant, un petit Kirikou», avant d'ajouter en imitant un accent africain: «Kirikou dans la savane (...) il est venu en France, il est percuté par un véhicule.»

Après avoir visionné une vidéo sur la guerre d'Algérie, il commente: «Et alors ! On a niqué des bougnoules (...)! Et eux, combien de soldats ils ont niqués? (...) Après, où commence la torture?»

Avalanche de réactions indignées

L'émergence de cette vidéo a provoqué mercredi une avalanche de réactions indignées, du gouvernement aux partis principalement de la gauche et du centre, à quelques mois de la présidentielle. La ministre déléguée chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé a dénoncé sur RMC des propos «absolument inacceptables» et regretté «une libération de la parole raciste» en France.

«Voilà à quoi ressemblerait une France dirigée par le RN. La haine désinhibée et encouragée, y compris là où on doit attendre de la justice et de la sécurité», a fustigé le candidat Renaissance à la présidentielle Gabriel Attal. «Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le Rassemblement national ouvrent les yeux: rien n'a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme», a lancé le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard.

Dans la vidéo, le policier relaie également, dans une tirade homophobe, la théorie complotiste selon laquelle Brigitte Macron serait une personne trans. «On essaye de cacher ça au monde entier», dit-il. «Il nous manque un général avec une grosse paire de couilles (...) Un petit coup d'Etat, une petite dictature en France, ça ne ferait pas de mal», ajoute l'un de ses collègues.

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