Scandale en France
Les propos racistes d'un policier filmé à son insu font un tollé

Une vidéo de policiers de Carcassonne a suscité l'indignation: des propos racistes, sexistes et complotistes ont été enregistrés par inadvertance en l'an 2025. Des enquêtes sont en cours et des responsables politiques exigent des sanctions.
La caméra piéton d'un policier municipal de Carcassonne a enregistré par erreur des propos racistes. (Capture d'écran)
Photo: RMS

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • La caméra piéton d'un policier municipal de Carcassonne a enregistré par erreur des propos racistes, sexistes, homophobes et complotistes tenus par des agents, déclenchant une enquête pénale et une vague d'indignation nationale.
  • Dénoncés par le gouvernement et l'opposition, ces propos ont poussé la mairie de Carcassonne à annoncer des mesures disciplinaires et le Rassemblement national à suspendre un des agents impliqués de ses services d'ordre bénévoles.
  • L'affaire ravive les débats sur le racisme dans les forces de l'ordre, l'atmosphère politique actuelle et les liens entre certains agents et l'extrême droite.
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AFP Agence France-Presse

Une vidéo dans laquelle des policiers municipaux de Carcassonne tiennent des propos racistes, sexistes et complotistes qui font l'objet d'une enquête, a déclenché mercredi une tempête d'indignation.

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«Ils roulent vite, ces bougnes, hein? Hier, ils étaient sur un chameau, aujourd'hui une voiture...», déclare notamment l'un des agents, sur les images accidentellement captées en novembre 2025 par la caméra piéton d'un des policiers et dont des extraits ont été rendus publics mardi soir par le quotidien Midi Libre. Le parquet de Carcassonne a indiqué mercredi à l'AFP qu'une enquête est déjà en cours, sans préciser la date de son ouverture.

«Où commence la torture?»

Après l'appel d'une administrée qui dit avoir percuté un animal avec sa voiture, l'un des policiers s'inquiète: «J'espère que c'est pas un gamin, ou quelqu'un, qu'elle a percuté.» L'agent qui prend le plus la parole lui répond en plaisantant: «Non, c'est peut-être un migrant, un petit Kirikou», avant d'ajouter en imitant un accent africain: «Kirikou dans la savane, il est percuté, il est venu en France, il est percuté par un véhicule.»

Le même policier relaie également, dans une tirade homophobe, la théorie complotiste selon laquelle Brigitte Macron serait une personne trans. «On essaye de cacher ça au monde entier», dit-il. Après avoir visionné une vidéo sur la guerre d'Algérie, il commente: «Et alors? On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules! Et eux, combien de soldats ils ont niqué? (...) Après, où commence la torture?»

Il critique aussi les discours anticolonialistes, évoquant le fait historique selon lequel certains peuples africains ont contribué à l'asservissement par les Européens d'autres peuples. «Entre tribus, ils se vendaient, ces singes», lance-t-il. «Je crois que je commence à devenir raciste», lâche-t-il.

Les propos tenus dans la vidéo suscitent mercredi une vague de réactions indignées. La ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé sur RMC des propos «absolument inacceptables», qui constituent selon elle un «délit», et a regretté «une libération de la parole raciste» en France.

«Infesté par le racisme»

«Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le Rassemblement national ouvrent les yeux: rien n'a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme», a lancé sur X le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard. La présidente PS de la région Occitanie, Carole Delga, s'est dite sur X «écoeurée par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence de policiers municipaux de Carcassonne», et a appelé à des sanctions.

La mairie de Carcassonne, conquise en mars 2026 par l'ex-député RN Christophe Barthès, a dénoncé dans un communiqué des propos «inacceptables» et indiqué que «des procédures (seraient) engagées et les sanctions (...) à la hauteur de la gravité des faits». L'équipe municipale rappelle toutefois, dans le communiqué non signé, que les images ont été captées «sous la précédente municipalité».

Le principal auteur des propos incriminés a participé au service d'ordre d'un déplacement en février à Carcassonne du président du parti d'extrême droite, Jordan Bardella, selon des photos de l'AFP. «Il est immédiatement suspendu de ses fonctions bénévoles au service d'ordre du parti. Une procédure d'exclusion est également immédiatement enclenchée», a indiqué à l'AFP la direction du RN.

«On ne peut pas tolérer ça», a par ailleurs réagi auprès de l'AFP Louis Alliot, maire RN de Perpignan et vice-président du parti. «Ces gens-là sont des irresponsables dangereux. Ils jettent la suspicion sur l'ensemble du corps de la police municipale. C'est évidemment un cas isolé», a-t-il assuré. Dans un communiqué, la direction du Rassemblement national (RN) a «condamné avec la plus grande fermeté les propos tenus, pénalement répréhensibles, qui vont à l'encontre des valeurs portées par notre mouvement» et a affirmé avoir «immédiatement procédé à sa radiation des effectifs du service d'ordre ainsi qu'à son exclusion du Rassemblement national».

«Il nous manque un général avec une grosse paire de couilles (...) Un petit coup d'Etat, une petite dictature en France, ça ne ferait pas de mal», déclare un autre policier dans la vidéo. Aurore Bergé a en outre dénoncé une «atmosphère aujourd'hui qui devient irrespirable pour beaucoup de Français», qui questionnent leur place en France «si, en permanence, on les ramène à une part d'eux-mêmes, à leur origine, à leur couleur de peau, à leur identité, à leur religion».

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