Crainte d'une semaine noire
Un lycéen a eu la main arrachée en ramassant une grenade des CRS

Des centaines de lycées français sont à nouveau perturbés lundi à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation pour davantage de moyens dans l’éducation. Un jeune a perdu la main à Lens.
1/2
La Ligue des Droits de l’Homme a dénoncé «une dérive globale par rapport à l’État de droit».
Photo: UGO AMEZ/SIPA
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Le début d’une «semaine noire» en France? Des centaines de lycées sont à nouveau perturbés lundi, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation pour davantage de moyens dans l’éducation, faisant craindre des débordements.

Selon les autorités, en fin de matinée, 413 établissements «ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations», soit une baisse de 27% par rapport à vendredi à la même heure.Un lycéen de 15 ans a notamment eu la main arrachée lundi matin lors d’une manifestation à Lens, a déclaré le préfet du Pas-de-Calais lors d’un point presse, un accident qui s’est produit après que l’adolescent a ramassé une grenade, selon une source policière.

Il s’agissait d’une grenade de désencerclement lancée par des CRS, selon une autre source syndicale policière: le lycéen aurait voulu ramasser l’engin pour le relancer et il lui a explosé dans la main. Les autorités n’ont cependant pas donné d’informations sur les circonstances dans l’immédiat.

Contenu tiers
Souhaitez-vous voir ces contributions externes (par exemple Instagram, X et d'autres plateformes) ? Si vous acceptez, des cookies peuvent être installés et des données peuvent être transmises à des fournisseurs externes. Cela permet l'affichage de contenus externes et de publicités personnalisées. Votre décision s'applique à l'ensemble de l'application et peut être révoquée à tout moment dans les paramètres.

Débuté le 17 septembre en région parisienne, le mouvement lycéen, rejoint par des étudiants, s’est progressivement étendu avant de s’enflammer jeudi dans de nombreuses villes de France.

«Blocus, blocus, blocus, blocus»

«Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire: blocus, blocus, blocus, blocus», a assuré dimanche, lors d’un rassemblement à Saint-Denis, une étudiante mobilisée, Leila Nehari.

Le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a confié qu’il «craignait» un embrasement au niveau national après que 30 à 40 sites universitaires ont été perturbés la semaine dernière.

Cette colère explose à sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique tendu, avec la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen donnée favorite par les sondages et la flambée des prix des carburants.

Brutalité «disproportionnée»

Les autorités ont fait état la semaine dernière de 5000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, de 24 établissements «incendiés ou saccagés» et de «78 personnels de l’Education nationale blessés». Les services du Premier ministre ont condamné des «violences urbaines» et en ont imputé la responsabilité à La France insoumise (gauche radicale).

Plusieurs syndicats et des associations, comme la Ligue des droits de l’Homme, ont accusé le gouvernement de «réprimer» les lycéens avec une brutalité «disproportionnée», pour faire taire des revendications «légitimes».

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a dénoncé lundi une «dérive globale par rapport à l’Etat de droit, le non-respect du cadre légal» lors des interventions des forces de l’ordre. Cinq enquêtes de la police des polices sont en cours.

«Les forces de l’ordre ont fait preuve vraiment d’une très grande proportionnalité jusqu’à maintenant sur un mouvement à la fois dur et avec en face des mineurs», a répondu Philippe Baptiste, accusant LFI de «souffler sur les braises» et «quelque part de voler le mouvement».

Des «escarmouches» lundi

Les lycéens réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.

Contenu tiers
Souhaitez-vous voir ces contributions externes (par exemple Instagram, X et d'autres plateformes) ? Si vous acceptez, des cookies peuvent être installés et des données peuvent être transmises à des fournisseurs externes. Cela permet l'affichage de contenus externes et de publicités personnalisées. Votre décision s'applique à l'ensemble de l'application et peut être révoquée à tout moment dans les paramètres.

La préfecture du Rhône, dans le centre-est, a rapporté lundi matin des «escarmouches» devant deux lycées et un collège à Lyon et dans sa banlieue, ainsi que 12 établissements «impactés par des actes isolés». A Rennes, dans l’ouest, comme à Bordeaux, dans le sud-ouest, en revanche, les cours ont repris dans le calme dans plusieurs établissements qui avaient été fermés en fin de semaine, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Sur les 3700 lycées du pays, les cours seront «totalement ou partiellement» suspendus lundi dans 400 à 500 établissements où les conditions de sécurité ne sont «pas réunies», avait indiqué dimanche le ministre de l’Education Edouard Geffray.

Contenu tiers
Souhaitez-vous voir ces contributions externes (par exemple Instagram, X et d'autres plateformes) ? Si vous acceptez, des cookies peuvent être installés et des données peuvent être transmises à des fournisseurs externes. Cela permet l'affichage de contenus externes et de publicités personnalisées. Votre décision s'applique à l'ensemble de l'application et peut être révoquée à tout moment dans les paramètres.

Appel des syndicats

Le mouvement pourrait prendre une autre dimension mardi. Une vaste intersyndicale de l’Education nationale a appelé à participer aux mobilisations. Le syndicat de la CGT, qui appelle les salariés de l’énergie, en grève, à rejoindre les lycéens, a annoncé vouloir prêter main-forte pour encadrer les manifestations lycéennes.

«Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens, parce que nous avons été scandalisés de ce que nous avons vu depuis dix jours et de cette répression inédite que le gouvernement a organisée», a affirmé sa responsable Sophie Binet.

Contenu tiers
Souhaitez-vous voir ces contributions externes (par exemple Instagram, X et d'autres plateformes) ? Si vous acceptez, des cookies peuvent être installés et des données peuvent être transmises à des fournisseurs externes. Cela permet l'affichage de contenus externes et de publicités personnalisées. Votre décision s'applique à l'ensemble de l'application et peut être révoquée à tout moment dans les paramètres.

Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, La France insoumise a dit «déplorer» les violences, mais regretté que l’exécutif «résume» le mouvement à ces débordements. Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une «semaine noire», avec des blocages quotidiens.

Articles les plus lus