Adolescent assassiné en France
Mais pourquoi ont-ils tué Louis à Narbonne?

Cinq jeunes ont été mis en examen dans le sud de la France après la mort de Louis, un adolescent. Depuis, la ville et la région sont sous le choc. Mais comment cela a-t-il été possible?
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Les manifestations se succèdent à Narbonne après la mort de Louis, le 19 juin.
Photo: AFP
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Richard WerlyJournaliste Blick

Pourquoi? Comment expliquer ce déferlement de violence auquel a succombé Louis, 17 ans, dans la nuit du 19 au 20 juin à Narbonne (Aude)? Cette question revient en boucle depuis une semaine dans cette sous-préfecture, surtout connue pour son passé de ville romaine et les vignobles qui l'entourent. Narbonne n'est pas Paris, où plusieurs affaires récentes ont illustré la violence entre bandes rivales, telle l'affaire Yuri, du nom de ce jeune garçon lynché et gravement blessé en janvier 2021 dans le quartier de Beaugrenelle.

On pense aussi à l'affaire Thomas Perotto, du nom de cet adolescent tué à l'arme blanche le 19 novembre 2023 dans la commune de Crépol, dans le département de la Drôme. A chaque fois, les victimes avaient entre 15 et 17 ans. Des mineurs. Agressés par d'autres mineurs.

Une affaire nationale

Ce qui s'est passé à Narbonne aurait, si la campagne présidentielle battait son plein, pu avoir un impact national. Jeudi 25 juin, la justice a écarté tout motif racial dans le meurtre. Mais un mot revient en boucle lors des manifestations et des marches blanches: la racaille. La France provinciale, hier connue pour sa sécurité bien meilleure que dans les métropoles, se met, elle aussi, à vivre au rythme des bandes et des violences inhabituelles.

Dans le cas de Louis, cinq individus âgés de 16 à 20 ans ont été mis en examen et écroués. Comme leur victime, tous avaient séjourné dans des foyers de l'Aide sociale à l'enfance. Ils ont reconnu lui avoir porté les coups mortels, sans que, pour l'heure, leurs éventuels mobiles soient rendus publics. Ils ont pu être identifiés grâce aux images de vidéosurveillance et à un important travail d'exploitation de la téléphonie. Aucun n'avait de casier judiciaire, mais trois avaient été signalés pour des comportements violents dans les établissements où ils séjournaient.

Ce fait divers, rendu plus tragique encore par la vulnérabilité de Louis, adolescent en difficulté, vient percuter une opinion publique française déjà écœurée par l'affaire Lyhanna, cette collégienne de 11 ans violée puis tuée dans le Gers le 29 mai. Depuis la découverte de son corps dans un silo agricole voisin du village de sa famille, les révélations sur le parcours de serial harceleur et violeur du principal suspect ont choqué le pays entier.

Méthodes policières et judiciaires

Les méthodes désuètes utilisées par la justice et la gendarmerie pour la transmission des dossiers ont complété l'image d'une France à deux vitesses, où la justice et la police ne protègent plus les plus faibles, préférant s'attarder sur les affaires médiatiques. La question, dans le cas de Louis, est celle, très délicate, du suivi des mineurs délinquants. Trois de ses agresseurs avaient également séjourné dans un centre éducatif fermé, une mesure réservée à des adolescents faisant l'objet de procédures pénales.

L'exploitation politique de ce meurtre a commencé très vite. Elle est notamment le fait des mouvements d'extrême droite qui se sont mobilisés contre la «racaille». Des slogans identitaires ont été entendus et brandis lors de plusieurs manifestations. Quelle racaille? Là, les faits et les mots font défaut. La justice, encore une fois, écarte le motif d'ordre racial. La préméditation, en revanche, était au rendez-vous.

Une embuscade

Une embuscade aurait été tendue à Louis sur le chantier où il a été retrouvé mort. Le jeune garçon était suivi par les services sociaux à la demande de ses parents. Il avait déposé plainte le 11 mai après avoir reçu des menaces. Il s'était même rendu dans une gendarmerie pour déposer plainte. Sans suite effective. Ce qui fait remonter à la surface les accusations portées par les avocats de Lyhanna contre les forces de l'ordre.

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