«Tribun du peuple»
Qui est Elwan Benoît, le lycéen devenu le visage de la mobilisation de la jeunesse?

Devenu populaire après une interview devant son lycée parisien, Elwan Benoît, 17 ans, s’impose comme l’un des visages de la mobilisation lycéenne. Proche de LFI, il suscite autant d’enthousiasme que de critiques sur sa surmédiatisation. Portrait.
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Depuis quelques jours, ce lycéen est partout et s'érige comme la figure du mouvement.
Photo: DR
Toan Izaguirre - Journaliste Blick
Toan IzaguirreJournaliste Blick

Il a embrassé Jean-Luc Mélenchon sur la joue. Surnommé par certains internautes le «Robert Pattinson version tribun du peuple», Elwan Benoît est partout. Sur les réseaux sociaux, certains l'admirent et l'érigent en icône, d'autres le critiquent, la moindre publication où il apparaît devient instantanément virale.

Le visage de ce lycéen parisien a commencé à inonder la toile après son passage dans un reportage vidéo du youtubeur d'extrême droite Vincent Lapierre publié le dimanche 4 octobre. La scène a été filmée devant le lycée Jacques-Decour, dans le 9e arrondissement de Paris. Dans l'extrait, massivement relayé, l'adolescent de 17 ans frappe par son éloquence et la maturité de son propos. Il expose les revendications du mouvement et en profite pour tacler, au passage, les médias. «Il faut que les médias montrent les revendications des élèves au lieu de montrer ceux qui brûlent et qui cassent», fait-il valoir.

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Un lycéen privilégié

Keffieh autour du cou, il liste les griefs des élèves et rappelle que la violence du mouvement doit être interprétée dans son contexte. Conscient des privilèges liés à son lieu de scolarité, il nuance: «En banlieue, la violence est bien plus favorable pour les individus parce qu'ils n'ont rien.» Et de conclure: «Une gauche de rupture, ce serait ce qui est le plus favorable à la jeunesse.»

Critiqué à droite... et par certains à gauche

L'extrait, massivement repartagé, fait débat. Il suscite l'ire de la droite, qui critique les prises de position du lycéen, lequel se reconnaît dans La France insoumise (LFI). Mais à gauche aussi, certains grincent des dents. «Ça légitime une certaine approche bourgeoise de la révolte en criminalisant les autres manières de se révolter», déplore un internaute dans les commentaires. Car le mouvement est né dans les lycées de banlieue, où les conditions d'études sont bien moins bonnes qu'à Paris ou dans les grands centres urbains. Certains dénoncent ainsi sa surmédiatisation, qui invisibiliserait d'autres jeunes, notamment issus des banlieues.

«Moi, je suis blanc, j'ai un capital culturel qui est conséquent»

Des critiques dont Elwan Benoît est conscient. «Moi, je suis blanc, j'ai un capital culturel qui est conséquent», a-t-il lancé mardi 6 octobre, lors d'une manifestation. Ce jour-là, il a été invité par Jean-Luc Mélenchon à le rejoindre dans le cortège, qui l'a pris dans ses bras. «Je l'adore. C'est celui qui va sauver la France, j'en suis persuadé. Et tout du moins, c'est La France insoumise qui va sauver les jeunes», a confié le lycéen au micro de «Quotidien». Le leader insoumis a d'ailleurs partagé leur rencontre dans une publication sur Instagram.

Mercredi soir, le marathon médiatique s'est poursuivi pour le jeune lycéen, invité de l'émission «La Grande Confrontation», animée par David Pujadas. Il y a débattu et s'est de nouveau distingué par sa rhétorique. Face à lui, notamment, Louise Montangon, une étudiante bordelaise de 22 ans, militante du Rassemblement national et candidate du parti de Marine Le Pen aux municipales de mars dernier. Opposée aux blocages des lycées, elle a dénoncé les violences et les dégradations, et apporté son soutien aux professeurs agressés. «J'ai honte d'appartenir à cette génération», a-t-elle lancé.

Dans le vacarme né de cette mobilisation lycéenne, la gauche comme la droite semblent avoir trouvé leurs porte-voix. Certains voient en Elwan Benoît un espoir. «Vous avez devant vous le vainqueur de la présidentielle 2042», s'amuse un internaute. Reste à savoir si l'élan porté par ce lycéen, devenu – malgré lui – le porte-parole d'un mouvement, parviendra à mobiliser les plus jeunes dans les urnes au printemps prochain.

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