Le président colombien Gustavo Petro et son homologue américain Donald Trump «se sont engagés à mener des actions conjointes» contre la guérilla ELN, a affirmé jeudi le ministre de l'Intérieur colombien Armando Benedetti. Cette organisation criminelle opère à la frontière avec le Venezuela.
Après une escalade des tensions à la suite des bombardements américains à Caracas le 3 janvier, la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro et des menaces d'actions militaires en Colombie, Gustavo Petro et Trump ont eu mercredi soir un entretien téléphonique. C'est le premier échange entre les deux dirigeants depuis le retour du Républicain à la Maison Blanche en janvier 2025.
Lors de cet entretien, le dirigeant de gauche colombien a accepté une invitation de Trump à se rendre à Washington et lui a demandé «d'aider à frapper durement l'ELN à la frontière» avec le Venezuela, a assuré Armando Benedetti dans un entretien à Blu Radio.
Inspirée par Che Guevara
Cette guérilla d'extrême gauche apparue en 1964 sous l'inspiration du révolutionnaire argentin Ernesto Che Guevara compte quelque 5800 membres qui opèrent sur plus de 20% des plus de 1100 municipalités de Colombie, selon le centre d'études Insight Crime. C'est la plus grande organisation rebelle d'Amérique.
Le 13 décembre, l'ELN, qui contrôle des régions de production de cocaïne, a décrété trois jours de confinement de la population de ces zones. Elle a invoqué des «menaces d'intervention impérialistes» de Trump.
Le président américain a averti que des pays producteurs de cocaïne en Amérique latine étaient «susceptibles d'être attaqués». Il a mentionné explicitement la Colombie qui «fabrique de la cocaïne» et «nous la vend».
Combats avec la police colombienne
Selon Armando Benedetti, les guérilleros «terminaient toujours au Venezuela» après des combats avec les forces de l'ordre colombiennes. Il est selon lui nécessaire qu'ils «soient également attaqués à l'arrière quand ils sont attaqués ici».
La Colombie et le Venezuela partagent une frontière poreuse de plus de 2200 km où différents groupes armés se disputent les revenus du narcotrafic, de l'exploitation minière illégale et de la contrebande. Gustavo Petro a tenté, sans succès après son arrivée au pouvoir en 2022, de négocier la paix ces différents groupes armés, dont l'ELN avec laquelle les pourparlers sont suspendus depuis 2024.