En bref
- Une équipe d'étudiants néerlandais a testé avec succès au Kenya une ambulance solaire, «Stella Juva», pour fournir des soins médicaux dans des zones reculées. Le véhicule a été développé pour parcourir des terrains difficiles et apporter des services de santé directement aux patients.
- L'ambulance est équipée de panneaux solaires, d'appareils médicaux tels qu'un échographe et un compartiment réfrigéré pour vaccins. Elle a une autonomie de 715 kilomètres par temps ensoleillé et peut atteindre une vitesse de 120 km/h.
- Durant un essai mené avec Amref, Stella Juva a parcouru 800 kilomètres, visitant plusieurs dispensaires isolés. Ce projet, développé par 23 étudiants en une année, pourrait transformer l'accès aux soins dans des régions mal desservies.
Une équipe d'étudiants néerlandais s'est félicitée vendredi d'un essai réussi au Kenya de ce qu'elle présente comme la première ambulance au monde à énergie solaire, dans l'espoir d'apporter des soins médicaux indispensables aux régions les plus reculées de la planète.
Le véhicule blanc et jaune aux lignes épurées et à l'allure futuriste, baptisé «Stella Juva», a été créé pour rouler sur des terrains accidentés afin d'apporter des soins aux patients et atteindre des zones difficilement joignables, plutôt que de les transporter vers un hôpital.
La semaine dernière, l'ambulance a conclu, en collaboration avec l'ONG de santé Amref, un test de terrain réussi au Kenya en atteignant plusieurs dispensaires reculés. Ce service peut être vital dans les régions où les infrastructures médicales sont rares et où l'accès aux soins de santé maternelle reste précaire.
«Nous avons parcouru plus de 800 kilomètres et mis à l'épreuve ses capacités, tant sur le plan du tout-terrain que de sa capacité à dispenser des soins de santé», explique à l'AFP Isabella Wanningen, vingtenaire et étudiante en informatique qui a travaillé sur les fonctions énergétiques du véhicule.
Vitesse maximale de 120km/h
L'ambulance à deux places équipée de panneaux solaires contient des appareils médicaux (radiographie, défibrillateurs...), des kits de dépistage pour la tuberculose, un compartiment réfrigéré pour les vaccins et un échographe destiné aux femmes enceintes.
Elle peut atteindre une vitesse maximale de 120 km/h, dispose d'une autonomie de 715 kilomètres par temps ensoleillé, et est équipée d'une batterie rechargeable à l'énergie solaire afin de garantir son fonctionnement et celui de ses équipements même la nuit ou par temps nuageux.
Femmes enceintes et enfants malades
Le véhicule peut «changer la donne en nous permettant d'atteindre les communautés les plus isolées pour y fournir des services de diagnostic, tout en tenant compte des lacunes en matière d'électrification», souligne auprès de l'AFP Geoffrey Sadera, chargé de projets de santé maternelle et infantile chez Amref.
Ce système peut permettre «d'aller à la rencontre des femmes enceintes et des enfants malades au sein même de leur communauté, d'effectuer des diagnostics précoces pour prévenir les complications et d'assurer une prise en charge adaptée», poursuit-il.
De nombreux membres de l'équipe ont mis leurs études entre parenthèses pour travailler sur ce projet, dont la réalisation a pris environ un an. Stella Juva n'est pour l'heure qu'un prototype. Mais «si nous avons réussi cela avec 23 étudiants en une seule année, cela démontre vraiment tout ce qu'il est possible d'accomplir» avec davantage de moyens, espère Isabella Wanningen.