Les prix des vins importés sont montés en flèche dans les supermarchés russes. En cause: jusqu'à 25% de droits de douane sur le vin en provenance de pays dits «hostiles», ainsi qu'une hausse des taxes de consommation. La guerre d'agression que la Russie mène contre l'Ukraine depuis février 2022 frappe ainsi le secteur vinicole russe de plein fouet.
Selon les dernières prévisions de l'Agence nationale russe de notation de crédit (NCR), les prix des vins importés devraient continuer de grimper, avec un prix minimum de 600 roubles (environ 6 francs suisses) pour une bouteille de vin étranger. Une information rapportée par le site spécialisé «The Drinks Business».
Importations en baisse, consommation en hausse
Par rapport à 2024, les importations de vin en Russie ont chuté de 15%. En 2025, elles devraient même atteindre leur niveau le plus bas depuis au moins cinq ans.
Parallèlement, la consommation de vins russes augmente. La production nationale a progressé de 7% en 2025, pour atteindre les 657 millions de litres. Selon le Comité national de la République de Crimée (territoire annexé illégalement par la Russie en 2014), les vins russes représentent 60% des ventes au détail. Le marché est lui dominé par les vins mousseux, qui représentent quelque 70% du chiffre d'affaires.
Production locale insuffisante
Cependant, cette production ne permet pas de couvrir entièrement la demande, explique l'importateur de vin Maxim Karishim. Ce dernier à la fois le cofondateur et le président de Simple Group, une entreprise spécialisée dans l’importation de vins italiens en Russie depuis les années 1990.
Depuis 2015, il est également le propriétaire du domaine Bertinga – dans la région italienne du Chianti Classico – qu'il a acquis auprès du prestigieux domaine Castello di Ama.
Important échec en Crimée
En 2022, la surface viticole de la Russie s'élevait à environ 102'000 hectares, dont un tiers environ se trouve sur la péninsule de Crimée. A l’époque, Moscou prévoyait d'étendre la surface présente sur cette région à 100'000 hectares, avec un investissement d'environ 250 millions de francs. Ce projet semble depuis avoir échoué.
Bien que de nouveaux vignobles continuent d'être plantés, ils ne produiront pas assez de raisins avant plusieurs années pour répondre entièrement à la demande de la population russe en vins locaux. Pour le secteur viticole russe, les années à venir risquent d'être compliquées.