Liam était loin d'être le seul
Des milliers d'enfants ont été emprisonnés par l'ICE, parfois illégalement

Le petit Liam Conejo Ramos, arrêté par l'ICE à Minneapolis, est enfin rentré chez lui. Mais son histoire n'est que la partie visible d’un phénomène touchant de très nombreux enfants aux Etats-Unis.
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Après avoir passé une dizaine de jours en détention, le petit Liam Conejo Ramos a pu retrouver sa maison.
Photo: Capture d'écran X
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Dimitri FaravelJournaliste Blick

Il a retrouvé sa maison! Liam Conejo Ramos, ce petit garçon de cinq ans arrêté il y a une dizaine de jours à Minneapolis par les agents de l'immigration (ICE) a pu rentrer chez lui après sa libération samedi 31 janvier.

Sa photo – bonnet bleu à oreilles de lapin sur la tête – avait fait le tour du monde et suscité une immense vague d'émotion et de solidarité sur la toile. Très vite, de nombreux internautes se sont intéressés de plus près à l'ampleur croissante des arrestations menées par l'ICE. Mais ce que beaucoup ignorent encore, c'est que l'histoire de Liam Conejo Ramos n'est que la partie visible d'un inquiétant iceberg.

Des milliers d'enfants emprisonnés

Les autorités américaines ne publient pas de chiffres précis sur les enfants détenus par la police de l'immigration. Cependant, des statistiques fédérales sur la détention familiale et plusieurs études indépendantes sur la situation des mineurs aux Etats-Unis suggèrent que l'ICE cible aujourd'hui davantage les plus jeunes et les plus vulnérables dans le cadre de la politique de Donald Trump visant à expulser massivement les immigrés en situation irrégulière.

Cette absence de données fiables reste donc un réel obstacle pour déterminer le nombre exact d'enfants concernés. Mais d'après une enquête du média américain indépendant The Marshall Project, on estime qu'au moins 3800 mineurs ont été détenus par l'ICE en 2025, parmi lesquels une vingtaine de nourrissons.

En outre, les chiffres du ministère de la Sécurité intérieure montrent que la population moyenne des centres de détention familiale – qui regroupent adultes et mineurs – est passée de 425 personnes au mois d'octobre 2025 à 1304 en janvier 2026, soit un quasi-triplement en l'espace de quatre mois. Cette hausse correspond – sans surprise – à un renforcement net des arrestations menées à travers les Etats-Unis.

L'histoire de Liam Conejo Ramos illustre bien ce changement de stratégie. Seulement deux jours après son arrestation, les médias rapportent qu'une fillette de deux ans – elle aussi d'origine équatorienne et vivant dans le Minnesota – avait été placée en détention avec son père alors qu'ils rentraient des courses. L'un des agents de l'ICE aurait brisé la vitre de la voiture du père alors que la fillette se trouvait à l'intérieur, avant de les embarquer dans leur fourgon. 

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Durée de détention illégale

Selon plusieurs ONG et avocats cités par le «Washington Post» dimanche 1er février, l'administration Trump cible de plus en plus des familles installées depuis plusieurs années aux Etats-Unis, dont les enfants sont scolarisés et dont les parents sont parfois en attente d'une décision dans le cadre d'une demande d'asile. Certaines arrestations ont même eu lieu lors de convocations officielles dans les bureaux de l'ICE, transformant ces rendez-vous en véritables guets-apens.

Plusieurs avocats américains rappellent que la détention des mineurs est encadrée depuis des décennies par un ensemble de décisions judiciaires, notamment l'accord Flores de 1997, qui limite à vingt jours la durée de rétention des enfants. Ils affirment aujourd'hui que ce seuil a été dépassé à plusieurs reprises et dénoncent des conditions de détention inadaptées.

De son côté, le ministère de la Sécurité intérieure assure que les centres familiaux de détention sont aménagés pour répondre aux besoins des parents et des enfants et qu'ils garantissent l’accès à trois repas par jour, à l'eau potable, aux soins médicaux et à des produits d'hygiène. Les autorités affirment également ne pas pratiquer de séparations forcées sans proposer d'alternative aux parents: ces derniers peuvent choisir d'être expulsés avec leurs enfants ou de les confier à un proche. 

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