Selon une étude
De plus en plus de cadres, mais ils sont de moins en moins managers

Le secteur privé en France compte désormais plus de 4 millions de cadres, soit cinq fois plus qu'en 1968. Une étude de l'Apec révèle que la majorité d'entre eux sont des experts et non des managers.
En France, les cadres sont désormais plus de quatre millions dans le secteur privé.
Photo: Shutterstock
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AFP Agence France-Presse

Le nombre de cadres a explosé en un demi-siècle en France, une catégorie professionnelle qui s'est diversifiée et reste toujours très attachée à son autonomie, mais la majorité d'entre eux n'a désormais pas de fonctions de manager, selon une étude de l'Apec publiée mardi.

Ils sont désormais plus de quatre millions dans le secteur privé et leurs effectifs ont plus que quintuplé depuis 1968, relève l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), à l'occasion de son 60e anniversaire. Les cadres représentaient, en 2020, 23% des salariés du privé en 2020, contre 7% en 1968.

Cet essor massif s'est fait autant dans le tertiaire que dans l'industrie, avec une «explosion particulière» dans l'informatique, où les effectifs de cadres ont été multipliés par dix depuis le début des années 1980, a détaillé Annelore Coury, directrice générale de l'Apec, lors d'un point presse.

La «massification» de la population des cadres «s'est accompagnée d'une diversification de la catégorie», a-t-elle ajouté, notamment avec une forte féminisation, conséquence entre autres de la progression du taux d'activité des femmes depuis un demi-siècle et de leur niveau de diplômes plus élevé. Elles représentent désormais 38% des cadres, même si elles restent davantage en minorité que chez les non-cadres où elles sont 45%.

Par ailleurs, «la proportion de managers chez les cadres a nettement diminué : aujourd'hui, la population cadres est en majorité composée d'experts», a souligné Mme Coury. La part de cadres supervisant d'autres salariés est passée à 42% en 2020, contre 53% en 2006.

«Entre le marteau et l'enclume»

D'après des enquêtes en ligne menées par l'Apec auprès de 2000 cadres et 3000 non-cadres du secteur privé, les cadres, malgré leur diversité de fonctions et de profils, continuent d'avoir de manière prépondérante un sentiment d'appartenance à cette catégorie.

Ils se reconnaissent autour de «marqueurs forts» que sont «la responsabilité», leur «autonomie», renforcée par le télétravail, et «la rémunération», mais aussi par une position «entre le marteau et l'enclume», entre les injonctions de leur direction et les attentes des collaborateurs, et une pression de leur travail sur leur vie personnelle.

Si les conditions matérielles de travail sont plus favorables, avec moins de risques physiques et une meilleure rémunération, les parcours professionnels des cadres ne sont pas pour autant linéaires et sécurisés. «Les cadres de plus de 50 ans sont plus au chômage que les autres catégories et l'insertion des jeunes est devenue plus compliquée qu'avant», selon Annelore Coury.

Fin août, l'Apec avait publié un baromètre selon lequel les intentions de recrutement de cadres avaient ralenti, atteignant un plus bas niveau depuis 2020 dans les grandes entreprises, dans un climat d'incertitudes économiques.

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