Ces 5 habitudes peuvent faire une différence!
Comment profiter des beaux jours malgré le rhume des foins

Alors qu’une personne sur cinq est actuellement concernée par l’allergie au pollen en Suisse, deux spécialistes détaillent les réflexes à mettre en place pour augmenter le bien-être physique et mental, durant le printemps et l’été.
Publié: 17.05.2024 à 13:53 heures
Bien que les principales mesures pour soulager les symptômes du rhume des foins soient la médication et la désensibilisation, quelques habitudes peuvent également contribuer à se protéger des pollens.
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Ellen De MeesterJournaliste Blick

Après avoir discuté de rhumes, de grippes, de système immunitaire ou encore de peau sèche tout au long de l'hiver, le moment est venu de rouvrir la Boîte à bobos... dans ses versions printanière et estivale! 

Le concept reste le même: l'équipe de la rubrique Well répond à vos questions à l'aide de spécialistes de la santé. Qu'il s'agisse d'allergies, de piqûres d'insecte, de coups de soleil ou encore de cloques, n’hésitez pas à nous envoyer toutes vos interrogations via la box ci-dessous, à moins que vous ne préfériez nous écrire par mail (blickwell@ringier.ch), via notre chaîne WhatsApp ou en message privé Instagram. Nous y répondrons à l’aide d’un ou d’une spécialiste de la santé, afin de vous aider au maximum à prendre soin de vous. Vos questions seront publiées anonymement sur Blick.

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Question: Comment diminuer les symptômes du rhume des foins, pour quand même profiter de l'été?

Le retour du soleil est un phénomène doux-amer pour les personnes allergiques au pollen (soit un individu sur cinq, en Suisse), puisque l’éveil de la nature s’accompagne irrémédiablement d’un écho d’éternuements, qui font trembler les pivoines et sursauter les lilas. Yeux et gorge qui gratte, nez qui coule, toux, asthme… Face aux symptômes caractéristiques du rhume des foins, on n’a souvent d’autre choix que de prendre des antihistaminiques - ou alors de noyer l'été sous une pile de mouchoirs. 

Les spécialistes soulignent en effet que la principale mesure permettant d’adoucir les symptômes reste la médication: «Bien que des mesures préventives soient disponibles, il est important de reconnaître qu'il s'agit d'une maladie chronique, précise le Dr. Peter Jandus, Médecin adjoint et spécialiste FMH en immunologie et allergologie aux HUG. La gestion de cette maladie dépend largement de facteurs tels que le climat, la sensibilité individuelle et les impacts de la pollution et du changement climatique, qui peuvent aggraver la situation.» Notre expert rappelle ainsi que l'immunothérapie allergénique (ou la désensibilisation) est le seul traitement dont il est prouvé qu'il modifie la maladie et qu’il possède des effets à long terme. 

Malgré tout, plusieurs mesures préventives peuvent être mises en place, à côté des médicaments prescrits par l’allergologue, afin de diminuer au maximum l’impact du rhume des foins sur la belle saison:

1

Protéger le visage

Bien qu’il ne soit pas possible de se prémunir totalement des différents pollens voltigeant dans l’air durant la majorité du printemps, le Dr. Jandus préconise certains gestes de protection ciblant le visage, pouvant faire barrière et diminuer notre exposition. Parmi celles-ci, le médecin cite notamment l'application d'une fine couche de vaseline sur les muqueuses nasales, le port de lunettes de soleil et le brossage régulier des cheveux. 

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Roxane Guillod, coresponsable des services spécialisés, aha! Centre d’Allergie Suisse, ajoute qu’il peut être bénéfique de se rincer les cheveux le soir, avant de coucher, afin de débarrasser notre crinière des pollens s’y étant déposés durant la journée. 

2

Éviter les allergies croisées

Une attention particulière à notre alimentation peut également contribuer à adoucir les symptômes: «Les personnes allergiques au pollen ont souvent du mal à tolérer certains aliments, explique le Dr. Jandus. Les protéines présentes dans le pollen ont une structure similaire à celles de certaines noix, légumes ou fruits. Le corps d'une personne souffrant de rhume des foins peut être sensibilisé au pollen et réagir aussi de manière allergique à certains aliments. Il s’agit d’un phénomène qu’on appelle une réaction croisée.» 

Le spécialiste souligne en outre que jusqu'à 70% des personnes allergiques au bouleau présentent des réactions aux aliments tels que les fruits à noyau ou à pépins, dont les pommes, par exemple. En cas de doute, n’hésitez pas à en discuter avec votre médecin, qui saura vous guider vers les mesures adéquates et adaptées à votre situation. 

3

Ne pas oublier la santé mentale

Bien qu’on évoque essentiellement les symptômes physiques de l’allergie, certaines études ont souligné que ce type d’allergie peut augmenter le risque d’anxiété et de dépression. «Les allergies respiratoires sévères peuvent avoir des répercussions sur le sommeil, les performances professionnelles ou scolaires, ainsi que sur la qualité de vie, confirme le Dr. Jandus. Elles peuvent aggraver les troubles dépressifs ou anxieux, surtout lorsqu'elles sont associées à d'autres allergies, telles que les allergies alimentaires.» 

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Le médecin estime ainsi qu’il est primordial de mettre en place une approche de prise en charge globale et de traiter les troubles psychiques sous-jacents: «L'allergie peut renforcer ou aggraver ces troubles, ce qui rend son impact d'autant plus significatif sur la qualité de vie.»

Pour Roxane Guillod, il peut être utile pour certaines personnes de se concentrer, durant les périodes d’allergie, sur les choses positives, en pratiquant des loisirs qui leur font du bien ou en utilisant des méthodes de relaxation ciblées, comme la méditation, le yoga. «Une allergie est perçue de manière très différente, en fonction bien sûr de l'intensité des symptômes et de sa propre résilience, tempère-t-elle. Cela dépend beaucoup de la manière dont on gère une telle situation.»

4

Purifier son intérieur (et ses vêtements)

Par ailleurs, en fin de journée, il est important de ne pas inviter tous les pollens rencontrés durant la journée dans notre lieu de vie - bien qu’ils adorent squatter tous les espaces possibles. Dans ce sens, le Dr. Jandus souligne l’importance de fermer les fenêtres la nuit ou d’équiper celles-ci de grilles de protection spécialement conçues pour endiguer les pollens. 

En termes de linge de maison et de textiles, Roxane Guillod recommande également de ne pas entreposer les habits portés durant la journée dans la chambre à coucher, afin que celle-ci reste aussi préservée que possible, ni de faire sécher le linge à l’extérieur. «Il convient d’aérer généreusement lors de périodes de pluie d’au moins 30 minutes ou alors d’aérer le logement de manière brève, poursuit-elle. En cas de réactions sévères, l’utilisation d’un purificateur d’air peut être utile.» 

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5

Adapter ses activités

Tous ces réflexes, aussi utiles soient-ils, ne peuvent toutefois bannir complètement les pollens de notre vie. Parfois, lorsque la concentration est très élevée, il faut malheureusement se résoudre à éviter certaines activités extérieures, aussi injuste et frustrant que cela puisse paraître. Roxane Guillod conseille ainsi aux personnes concernées de suivre la météo et le calendrier pollinique au moyen d’applications telles que «Pollen News», et d’éviter de réaliser un jogging ou d’autres activités extérieures prolongées lorsque les concentrations sont élevées. 

«On sait également que l’allergie est exacerbée dans un contexte urbain, sachant que le dioxyde de carbone, plus présent en ville qu’en campagne, peut stimuler la libération des pollens par les plantes, ajoute le Dr. Jandus. De même, la pollution peut modifier la surface des pollens qui libèrent des protéines modifiées plus irritantes pour les muqueuses.» Peut-être s’agit-il d’un bon moment pour passer un peu de temps en campagne, en montagne ou au bord de la mer! 

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