Le président du Conseil d'Etat tessinois Claudio Zali a annoncé mercredi sa démission pour la fin septembre, a annoncé son parti. L'élu de la Lega était poussé à quitter son poste depuis la diffusion d’un enregistrement où il appelle à la violence contre une femme.
Dans un communiqué, la Lega «prend acte» de la démission annoncée par son ministre dans une lettre à la radio régionale Radio Ticino. «Il s'agit d'un choix difficile et douloureux qui a été fait pour préserver les institutions, le Mouvement et les possibilités d'affronter sereinement les vérifications en cours», indique-t-elle, en précisant que «cette décision est politique et non pas judiciaire».
Un «laisser aller verbal»
Mardi, lors d'une longue réunion avec la direction de son mouvement, Claudio Zali a exposé son point de vue en ce qui concerne les révélations de la presse tessinoise après la diffusion, le 21 juillet sur Instagram, de l'enregistrement d'une conversation durant laquelle il répond à une amie victime d'une harceleuse en lui disant: «Tabasse-la comme je l'ai déjà fait moi-même.» Des propos que le président du gouvernement cantonal a minimisé devant son parti, expliquant qu'il s'agissait uniquement d'un «laisser aller verbal.»
Claudio Zali s'est aussi exprimé à propos de son intervention dans le cas d'un mineur, un jeune homme de 14 ans, fils d'une amie, arrêté pour avoir participé à une violente action punitive contre un autre adolescent et incarcéré à la prison luganaise de la Farera. A ce propos, il a assuré n'avoir commis «aucune irrégularité».
Remaniement gouvernemental
Dans la foulée de cette annonce de démission, le gouvernement tessinois a annoncé sa nouvelle formation. La socialiste Marina Carobbio Guscetti prendra la direction du Conseil d’Etat jusqu’à la fin de la législature en avril 2027. Lors d’une conférence de presse à laquelle Claudio Zali ne participait pas, le gouvernement tessinois a déploré la «situation délicate à laquelle le Tessin est confronté» depuis le 21 juillet, date à laquelle l’affaire impliquant le président du Conseil d’Etat tessinois a été révélée publiquement.
Rétablir la crédibilité
L’Exécutif a ainsi «pris acte de la décision de Claudio Zali de démissionner au 30 septembre prochain, une décision qui rétablit la crédibilité du gouvernement et redonne confiance aux citoyens», a déclaré la vice-présidente Marina Carobbio Guscetti. Le gouvernement a annoncé sa nouvelle formation valable jusqu’à la fin de la législature en cours, soit en avril 2027, avec Marina Carobbio comme présidente et Raffaele De Rosa (PDC) à la vice-présidence.
«Nous condamnons fermement toute forme de violence, qu'elle soit physique ou verbale et notamment la violence exercée contre les femmes», a souligné Marina Carobbio en référence aux menaces prononcées par Claudio Zali dans l'audio révélé par la RSI.
Son successeur déjà connu
Incitant clairement à la violence, les propos du ministre ont suscité un véritable tollé au Tessin. Tous les partis politiques, y compris l’UDC et la Lega même ont demandé sa démission.
Claudio Zali, ancien juge du Tribunal pénal de Lugano, fait par ailleurs l’objet d’une enquête ouverte par le Ministère public tessinois pour son intervention, jugée inopportune, dans le cas d’un mineur de 14 ans, fils d’une amie, incarcéré à la prison luganaise de la Farera. L’adolescent avait été arrêté pour avoir participé à une action punitive violente contre un autre teenager.
Le successeur de Claudio Zali au Conseil d’Etat tessinois, est l’UDC Piero Marchesi qui a annoncé avoir accepté d'occuper la fonction jusqu’aux élections cantonales d’avril 2027. Il s'agit-là d'un effet du scrutin proportionnel en vigueur dans le canton.
Pas de complémentaire
La règle est claire au Tessin en cas de retrait ou de décès d'un conseiller d'Etat en cours de législature: il n'y a pas d'élection complémentaire. Le canton étant le seul de Suisse à élire ses ministres à la proportionnelle, c'est le premier des viennent-ensuite d'une liste qui prend la succession.
Les dernières élections cantonales, en avril 2023, avaient présenté une particularité notable: la Lega dei Ticinesi avait fait liste commune avec l'UDC. La répartition des sièges se fait strictement en fonction du nombre de voix personnelles obtenues sur cette liste commune.
Piero Marchesi avait alors récolté 46'654 voix, près de 8000 de plus que le léguiste Boris Bignasca. C'est donc à lui que revient le siège au Conseil d'Etat.
S'il accepte le poste, l'actuel conseiller national devra abandonner son mandat sous la coupole fédérale. Il devrait céder la place à la première des viennent-ensuite sur la liste UDC, l'avocate et députée au Grand Conseil Roberta Soldati..