«Depuis trente ans que je tiens cette épicerie, je n’ai jamais vécu une telle situation. On ne peut pas donner une amende aux vendeurs et pas aux producteurs!» Ce sont des sucreries qui ont laissé ce goût amer dans la bouche d’un commerçant de la région genevoise. Jean-Luc Leroy a reçu une amende salée pour avoir continué de vendre des Kinder Surprise et d’autres douceurs de Ferrero potentiellement contaminés aux salmonelles, relate la «Tribune de Genève».
Commençons par le début. Début avril, l’Europe est touchée par un scandale alimentaire de grande ampleur. Après la détection de salmonelles dans une usine belge du fabricant de chocolat Ferrero, 150 cas de salmonelloses ont été confirmés en Europe en deux semaines. Ferrero rappelle rapidement des œufs Kinder et autres produits chocolatés. La Suisse aussi est concernée.
Le 14 avril, les inspecteurs du Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) interviennent dans l’épicerie de Jean-Luc Leroy, à Vésenaz. Ils saisissent une vingtaine de paquets de Kinder Schoko-Bons avant de les jeter. Une semaine plus tard, c’est le choc: «J’ai reçu pour plus de 700 francs d’amende et d’émoluments», proteste le commerçant auprès de nos confrères genevois. Une somme importante pour ce petit commerçant qui a été très touché par la crise du Covid-19.
Un tiers des commerçants n’étaient pas en règle
Il est d’autant plus en colère qu’il estime ne pas avoir été informé correctement. Il était au courant du scandale et s’était même inquiété de la provenance des œufs Kinder qu’il vendait auprès de son fournisseur. Mais il n’a pas réalisé que d’autres produits étaient concernés. Il estime que la liste des produits interdits aurait dû lui être fournie via les canaux officiels: «Ce n’est quand même pas aux réseaux sociaux de me dire si des produits doivent être retirés de la vente. C’est le travail des autorités.»
Le service de la consommation et des affaires vétérinaires renvoie la balle aux commerçants, qui sont responsables de vérifier eux-mêmes leur marchandise afin de protéger leurs clients. Il est impossible de relayer l’information à tous les petits commerçants, justifie Emmanuelle Cognard, chimiste cantonale déléguée, à la demande de la «Tribune de Genève». Avant de compléter: «L’OSAV a relayé le rappel des produits Ferrero sur son site web dès le tout début du mois d’avril.» Au total, ce sont 180 commerces qui ont été contrôlés en une journée. Un tiers d’entre eux n’étaient pas en règle. Ils ont reçu une amende, à l’instar de Jean-Luc Leroy.