En bref
- Il invoque les canicules pour améliorer l’accès à l’eau, avec aussi une cartographie cantonale et une meilleure signalétique des fontaines
- Il veut un droit conditionnel pour éviter les abus et anticipe un clivage gauche-droite, avant un examen en commission ces prochains mois
- Le Vert vaudois Oleg Gafner veut un postulat pour un « droit à l’eau », incluant une carafe gratuite conditionnelle au restaurant
Vous en avez marre de payer pour de l'eau au restaurant? Vous n'êtes pas seul. Un député vaudois va déposer un postulat pour obliger l'Etat à instaurer un «droit à l'eau». Concrètement avec ce texte, que Blick a pu consulter, le député vert Oleg Gafner veut encourager le canton de Vaud à prendre plusieurs mesures, dont celle d'obliger les restaurateurs à servir une carafe d'eau gratuitement. Son texte, qui comporte également d'autres dispositions, sera déposé mardi au Grand Conseil vaudois.
Pourquoi cette proposition? «En deux mots: canicule et FIFA», sourit l'élu. Comme beaucoup de Suisses, Oleg Gafner a profité de l'été caniculaire pour boire des pintes en terrasse devant les matchs du Mondial. Sauf qu'un jour, pour s'hydrater «un peu différemment», l'élu a commandé de l'eau en plus de sa bière – et n'a pas caché sa surprise en découvrant qu'elle lui était facturée. Cet épisode pourtant anodin lui a fait réaliser que le droit à l'eau n'était pas une évidence en Suisse.
Une cartographie des fontaines
«Avec la canicule, il faut repenser l'accès à l'eau, qui devient plus vital que jamais», soutient l'élu, qui a choisi d'élargir son texte à d'autres pans du sujet, comme les fontaines. Dans le canton de Vaud, il n'existe pas de cartographie de tous les points d'eau, bien que des initiatives communales aient vu le jour: à Lausanne, par exemple, une carte répertorie toutes les fontaines, mais rien à l'échelle du canton. Pour Oleg Gafner, il faudrait également développer une «signalétique des fontaines».
Un texte qui va faire jaser
Son texte sera-t-il bien accueilli au Grand Conseil? «Tout le monde ne sera pas enjoué, prédit Olaf Gafner. J'ai essayé de prendre un maximum de précautions pour qu'on se pose vraiment la question de l'accès à l'eau sans polémiquer. L'objectif n'est bien sûr pas que les gens puissent s'installer sur une terrasse, occuper de la place sans rien consommer ni payer. C'est pour ça que j'ai parlé d'un droit conditionnel à la carafe d'eau gratuite.»
L'élu explique vouloir déposer un postulat et non une motion – le premier demande au Conseil d'Etat d'étudier une question, et non de prendre une mesure concrète – il espère ainsi récolter plus de soutien. «Si les fronts sont très tendus, je me réserve le droit de revenir avec une motion un peu plus contraignante», précise toutefois l'élu, qui voit déjà venir la droite avec deux arguments: que l'économie privée sait quel geste commercial faire et n'a pas besoin que l'Etat intervienne, et que tout a un coût, notamment pour les restaurateurs, déjà bien assez asphyxiés à l'heure actuelle pour qu'on ne leur en impose pas davantage.
«Des fronts assez classiques, avec un clivage gauche-droite»
L'écologiste est par ailleurs un habitué des textes choc: en janvier, il avait jeté un pavé dans la mare en déposant une motion qui visait à questionner la consommation d'alcool des députés pendant les sessions. Mais sur ce texte, qu'il va déposer la semaine prochaine, il anticipe «des fronts assez classiques, avec un clivage gauche-droite». Et il ose «espérer que certains collègues raisonnables – il en existe encore au parlement – voteront peut-être ce texte, justement en s'appuyant sur son côté assez soft».
Quand les Vaudois pourront-ils bientôt se désaltérer à moindre frais? Pas tout de suite: le texte doit encore faire son chemin dans les travées du parlement, notamment être étudié en commission dans les prochains mois.