L'Asloca est dans le coup!
A Lausanne, Mountazar Jaffar veut instaurer une aide juridique gratuite pour les locataires

Face aux congés-rénovation et aux fortes hausses de loyers à Lausanne, le conseiller communal socialiste Mountazar Jaffar veut une permanence juridique gratuite pour aider les locataires à faire valoir leurs droits.
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«La plus-value sociale d'une permance juridique pour les locataires pourrait être énorme, ça vaut la peine de passer à la caisse», défend Mountazar Jaffar.
Photo: Dom Smaz

En bref

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  • A Lausanne, le socialiste Mountazar Jaffar propose une permanence juridique gratuite pour les locataires touchés par les congés-rénovation
  • L’élu dénonce les hausses de loyers massives et une «gentrification verte» qui évince surtout des ménages vulnérables
  • Il veut s’inspirer d’Yverdon et de l’Asloca, avec des consultations de droit du bail ouvertes à tous dans les quartiers
Toan Izaguirre - Journaliste Blick
Toan IzaguirreJournaliste Blick

Une permanence juridique pour aider les locataires, le tout gratuitement à Lausanne? C'est la proposition d'un élu face aux congés-rénovation qui touchent la capitale vaudoise. Souvenez-vous: la rénovation prévue pour début 2027 d'un immeuble à bas loyers à Ouchy, et les hausses de loyers qui l'accompagnent – allant de 100 à 500% – avaient marqué les Lausannois. Nous étions partis à la rencontre d'une poignée d'habitants, pour comprendre leur mécontentement.

L'affaire a connu un écho politique, en juin, lorsque deux interpellations urgentes avaient été déposées au Conseil communal pour questionner la Municipalité sur sa politique de logement. Et en cette rentrée politique, le conseiller communal socialiste Mountazar Jaffar va déposer un postulat pour inviter la Municipalité à mettre en place des aides pour les locataires concernés par cette problématique, annonce-t-il à Blick.

Des situations «dramatiques»

Marqué par les résiliations de baux massives qu'a connues l'arc lémanique, l'élu avait d'abord voulu réagir avec une interpellation en juin pour pallier ces situations «dramatiques» où des promoteurs rénovent les immeubles et où les locataires sont évincés par les loyers «démesurés» qui sont ensuite appliqués.

Mais comment agir sur le long terme? s'interroge le socialiste. «Lausanne n'a pas les moyens de refuser à elle seule les permis de construire», avance l'élu, qui regrette que les communes vaudoises ne puissent donner qu'un préavis négatif, «rarement suivi par le canton». Il plaide donc pour un accompagnement des locataires, une fois la résiliation reçue. Contrairement au dicton, mieux vaut guérir quand on ne peut pas prévenir.

Connaître ses droits, pas l'affaire de tous

Concrètement, il demande que la Municipalité propose un accompagnement juridique gratuit aux personnes concernées. Il faut, selon lui, faciliter les démarches pour tous: «Les ménages les plus vulnérables sont précisément ceux qui y renoncent le plus souvent, faute d'information, de ressources ou de familiarité avec les institutions; l'adhésion à une association de défense des locataires, aussi modeste qu'en soit la cotisation, constitue déjà un seuil que beaucoup ne franchissent pas», peut-on lire dans son postulat. Contester un loyer suppose en effet de connaître un minimum ses droits. Blick vous avait d'ailleurs concocté un petit guide à ce sujet.

Plus largement dans son postulat, l'élu dénonce la «gentrification verte» de certains quartiers: sous prétexte de travaux de rénovation énergétique, les propriétaires résilient les baux «souvent des locataires de longue durée» pour les relouer à des foyers beaucoup plus aisés, argumente l'élu, qui résume dans son postulat: «Des villes rénovées, conformes aux nouvelles normes, mais devenues inaccessibles à une large part de leurs habitants historiques.»

Lausanne pourrait s'inspirer d'Yverdon

Mountazar Jaffar cite l'exemple d'Yverdon, qui a lancé un projet pilote en partenariat avec l'Asloca: des consultations juridiques gratuites en droit du bail y sont proposées, ouvertes à tous sans condition d'adhésion, et organisées directement dans les quartiers. Pour lancer un projet similaire, l'élu affirme avoir sondé Fabrice Berney, secrétaire général de l'Asloca Vaud, qui se montre favorable.

Quid du financement? «Rien n'est défini, mais payer un ou deux juristes quelques heures par semaine ne représente pas un coût énorme pour la ville», défend le socialiste. Et d'ajouter en guise de conclusion: «La plus-value sociale pourrait être énorme, ça vaut la peine de passer à la caisse». Reste à savoir comment ce postulat sera accueilli par le Parlement et la Municipalité.

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