Le Canton se justifie
Pas d'interdiction des engins pyrotechniques à Fribourg

Malgré le drame de Crans Montana, Fribourg n’interdit pas les engins pyrotechniques dans les établissements publics. Le Conseil d’Etat juge une interdiction disproportionnée et mise sur la prévention, alors que Valais et Vaud ont durci leurs règles.
Dans son communiqué, le gouvernement rappelle que, s’agissant des engins pyrotechniques, la réglementation fédérale en la matière, la loi sur les explosifs, est «très stricte».
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ATS Agence télégraphique suisse

Après le drame de Crans-Montana, Fribourg opte pour le statu quo en n'interdisant pas les engins pyrotechniques dans les établissements publics, contrairement aux cantons du Valais et de Vaud. Bougies magiques, bombes surprises et autres feux de Bengale y demeurent autorisés.

«Ces engins festifs sont couramment utilisés dans le cadre privé comme lors de manifestations temporaires et parfois dans des établissements publics, et ne présentent pas à eux seuls un risque excessif», a indiqué mercredi le Conseil d'Etat. Une interdiction généralisée dans les restaurants et bars paraît «disproportionnée».

Dans son communiqué, le gouvernement rappelle que, s’agissant des engins pyrotechniques, la réglementation fédérale en la matière, la loi sur les explosifs, est «très stricte» et que seuls les engins de catégorie F1, avec un risque très faible et un niveau sonore négligeable, sont autorisés dans les espaces confinés.

Point de vigilance

Toutefois, des discussions sont en cours avec GastroFribourg, la faîtière de la restauration, pour privilégier une recommandation émanant de la branche elle-même. Au-delà, le Conseil d’Etat entend plutôt renforcer les mesures de prévention en matière de sécurité incendie dans les établissements publics.

Le risque de disparité dans l’exercice des compétences communales reste un «point de vigilance», constate l'exécutif, après avoir établi un point sur la sécurité incendie dans les établissements publics du canton dès le 5 janvier, soit quatre jours après le drame de Crans-Montana (VS), qui a causé 40 morts et fait 116 blessés.

Cet aspect implique l'instauration d'une «série de mesures de prévention, développées de manière coordonnée». Il s'agit de consolider la sécurité de la clientèle et du personnel», ajoute l'exécutif, en précisant que «le cadre légal est complet et qu’il est de façon générale appliqué par les autorités concernées».

Suivi attentif

Les mesures ressortent de l'évaluation d'un groupe de travail incluant des acteurs institutionnels de la prévention incendie et d’établissements publics. Il a été réuni par la Direction de la sécurité, de la justice et du sport (DSJS), sous la conduite de l’Etablissement cantonal d’assurance des bâtiments (ECAB).

En plus de la DSJS et de l'ECAB, étaient présentes aussi la Conférence des préfets, le Service de la police du commerce, la Police cantonale et l’Association des communes fribourgeoises (ACF). Des contacts bilatéraux ont en outre eu lieu en parallèle entre l’ECAB et GastroFribourg.

Au-delà, le Conseil d’Etat fribourgeois affirme vouloir suivre de «manière très attentive» les développements techniques et légaux qui pourraient intervenir sur le plan national. Il s’attachera, le cas échéant, avec «toute la diligence requise» à adapter si nécessaire le cadre cantonal.

L'exécutif prend en outre note que l’ECAB a constitué au deuxième semestre de l'an passé, dans la perspective de la mise à jour des prescriptions de protection incendie 2026, un groupe de travail notamment chargé d’évaluer le dispositif fribourgeois.

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