Le Tribunal cantonal vaudois a donné raison mardi 15 septembre à un troisième policier lausannois licencié avec effet immédiat dans l’affaire des messages discriminatoires échangés sur WhatsApp, relève «24 heures». La Cour estime bien que les faits étaient suffisamment graves pour justifier un renvoi immédiat, mais elle reproche à la Municipalité d’avoir attendu trop longtemps avant de prendre sa décision.
Le policier concerné avait créé en 2016 un groupe WhatsApp réunissant plusieurs dizaines de membres de la police municipale. Il y avait notamment partagé, entre 2016 et 2018, des contenus sexistes, des images visant des personnes en situation de handicap ou encore une vidéo montrant un perroquet effectuant un salut nazi. Les juges qualifient ces publications de «hautement problématiques» et considèrent que le groupe dépassait le simple cadre privé.
Un délai trop long
C’est toutefois le délai de réaction de la Ville qui a pesé dans la décision. La Municipalité avait pris connaissance des faits en juillet 2025, mais le licenciement n’a été prononcé que le 27 mars suivant. Pour la Cour, cette attente de plus de huit mois est incompatible avec le principe d’un licenciement immédiat.
Deux autres policiers impliqués dans la même affaire avaient déjà obtenu l’annulation de leur licenciement pour cette raison. Lausanne a fait recours au Tribunal fédéral dans ces deux dossiers. Le municipal de la sécurité Pierre-Antoine Hildbrand a déjà indiqué qu’il proposerait la même démarche pour ce troisième cas.
La Municipalité devra désormais décider d’une nouvelle sanction. Le règlement prévoit notamment une mise en demeure formelle ou un déplacement de fonction. La Ville devra également verser 3000 francs de dépens au policier.