Bilan complet en laboratoire
Le Valais veut rendre gratuits les tests IST pour les jeunes

Le Grand Conseil valaisan a adopté un postulat pour étudier la gratuité des dépistages des IST chez les jeunes de moins de 25 ans. Un projet-pilote inspiré de Zurich pourrait voir le jour.
Les élus cantonaux veulent lever le frein financier qui empêche la détection des maladies.
Photo: Keystone
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ATS Agence télégraphique suisse

Le Grand Conseil valaisan soutient l'idée de rendre gratuits les dépistages des infections sexuellement transmissibles (IST) pour les jeunes jusqu'à 25 ans. Il a accepté un postulat déposé par des députés issus du Centre du Valais romand, du PLR et du PS.

«Les autorités sanitaires nationales et internationales appellent à intensifier le dépistage, en particulier auprès des jeunes, population la plus exposée», rappellent les postulantes. «Dans la pratique, le coût élevé des tests constitue un frein majeur à leur accessibilité. Un dépistage complet peut en effet atteindre jusqu'à 300 francs. Actuellement, seules les personnes présentant des symptômes, sur prescription médicale, peuvent prétendre à une prise en charge par l'assurance-maladie obligatoire.»

«Or, de nombreuses IST évoluent de manière asymptomatique : elles échappent ainsi à tout remboursement, restent non détectées et continuent à se propager, ce qui rend d'autant plus crucial un dépistage précoce et accessible au plus grand nombre», estiment les signataires du texte. «La progression des infections telles que la chlamydiose et la gonorrhée alarme particulièrement les professionnels de santé, en raison du risque croissant de résistance aux antibiotiques.»

Modèle zurichois

Afin de renforcer la prévention en matière d'IST, la Ville de Zurich a ainsi lancé en 2023 un projet-pilote offrant la gratuité des tests aux jeunes de moins de 25 ans et aux bénéficiaires de la carte Culture. Le dispositif a été prolongé jusqu'en 2027 et vise désormais une intégration durable dans le droit cantonal.

Certains cantons organisent régulièrement des journées de dépistage gratuit, notamment à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida le 1er décembre.

Une vision minoritaire

«Nous avons déjà des centres qui proposent des dépistages confidentiels et à tarifs réduits dans six centres du canton, loin des 300 francs indiqués dans ce postulat», a répondu Claudia Bonvin (UDC du Valais romand). «La meilleure prévention et celle qui coûte le moins cher, c'est d'avoir moins de relations sexuelles», a ajouté Daniela Pollinger (UDC du Haut-Valais). Deux visions qui n'ont pas convaincu la majorité du plénum.

Accepté par 90 voix contre 35, le postulat invite désormais le Conseil d'Etat à examiner la faisabilité d'un projet-pilote valaisan inspiré du modèle zurichois. Il s'agirait également d'évaluer la mise en place de journées promotionnelles et préventives, offrant à l'ensemble de la population la possibilité de se faire dépister gratuitement, en cohérence avec les pratiques déjà existantes dans d'autres cantons.

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