En bref
- Un incendie a ravagé une grande partie de l’exploitation de Xavier Menoud à Palézieux et causé la mort de 250 veaux.
- Deux tiers des animaux ont pu être sauvés grâce à la mobilisation des pompiers, des agriculteurs et des habitants.
- L’exploitant s’inquiète désormais de la prise en charge par les assurances et de la poursuite de son activité.
Un incendie d’une rare violence a ravagé l’exploitation d’engraissement de veaux de Xavier Menoud à Palézieux (VD), dans la nuit de samedi à dimanche 13 septembre. Le bilan est lourd: 250 bovins ont péri dans les flammes ou ont dû être euthanasiés, tandis que la partie principale de l’exploitation a été entièrement détruite.
«La nuit a été horrible. Le plus dur, c’était surtout de devoir abattre des veaux qui étaient encore vivants, mais qui souffraient», confie Xavier Menoud à Blick. L’exploitant ne se trouvait pas sur place lorsque l’incendie s’est déclaré. C’est l’un de ses employés qui a donné l’alerte, aux alentours de 20h50.
Une soixantaine de pompiers ont été mobilisés. Le feu n’a été maîtrisé qu’aux environs de 3h30 du matin. A leur arrivée, «le bâtiment était déjà entièrement embrasé», explique à Blick Yannick Arnould, commandant du SDIS Oron-Jorat. Il décrit un sinistre «exceptionnel par son ampleur, mais aussi par le nombre d’animaux touchés».
Pour tenter de sauver les bovins, les secours ont rapidement ouvert les barrières qui les empêchaient de quitter le bâtiment. Une opération loin d’être simple.
L'inquiétude des assurances
Deux jours après l’incendie, Xavier Menoud préfère se dire qu'il a évité le pire. «Certains veulent voir le tiers de veaux qui sont morts. Moi, je préfère parler des deux tiers qui ont été sauvés. Sauver des veaux est plus compliqué que de compter les morts.»
Les animaux rescapés ont pu être relogés, mais l’exploitant redoute désormais les conséquences financières du sinistre. «Les assurances, ce sont des parapluies qu’on vous donne quand il fait beau et qui ont des trous quand il pleut», lâche-t-il à Blick. Il craint qu’une partie des dégâts ne soit finalement pas prise en charge.
Sa priorité est désormais ailleurs: «Ma principale préoccupation aujourd’hui est de trouver une solution pour assurer la continuité de l’alimentation des veaux. C’est la difficulté majeure.» Des habitants se sont déjà mobilisés pour lancer une cagnotte destinée notamment à financer le fourrage des animaux. «Cela me touche de voir que des gens cherchent des solutions pour nous aider», souligne Xavier Menoud.
Un immense élan de solidarité
Dès le soir de l’incendie, l’exploitant a pu compter sur une importante mobilisation. «Je remercie tous ceux qui ont œuvré à l’évacuation des veaux. Il y avait des voisins, des collègues agriculteurs et beaucoup de personnes que je ne connaissais pas, que je n’avais jamais vues.»
Xavier Menoud insiste surtout sur l’importance des personnes habituées à manipuler du bétail. Car même face aux flammes, les veaux ne cherchent pas forcément à fuir. «Ils ne ressentent pas forcément le danger de l’incendie de la même manière que nous», explique-t-il.
Il faut donc parfois entrer dans les box, pousser les animaux et insister pour les faire sortir, surtout lorsqu’ils se retrouvent entourés de personnes qu’ils ne connaissent pas. L’évacuation a ainsi duré plusieurs heures. «Il faut des gens qui connaissent le bétail, ainsi que des tracteurs, des remorques, des bétaillères et des camions de transport pour pouvoir évacuer les veaux», précise l’exploitant.
Une enquête en cours
Yannick Arnoult souligne lui aussi l’élan de solidarité qui s’est rapidement mis en place autour de l’exploitation. Le commandant précise toutefois que les pompiers ont d’abord veillé à la sécurité des personnes venues prêter main-forte. «Si des civils sont engagés pour certaines tâches lors d’une intervention de ce type, c’est uniquement lorsqu’il n’existe pas de risque pour leur vie ou leur santé.»
Xavier Menoud tient également à saluer le travail des pompiers, qui ont tout fait pour circonscrire l’incendie. Les services vétérinaires, avec l’appui du service de la faune, étaient également présents pour prendre en charge les animaux.
Une enquête est désormais en cours pour déterminer les causes exactes de l’incendie. Pour Xavier Menoud, une autre étape commence déjà: celle de reconstruire une exploitation dont une grande partie est partie en fumée en quelques heures.