A Genève, le débat sur l’insécurité s’invite désormais sur le terrain économique. Le négoce de matières premières, pilier de la place genevoise, alerte les autorités cantonales sur une situation jugée incompatible avec l’attractivité du canton. Dans une lettre adressée mi-janvier et révélée par la RTS, l’association SUISSENÉGOCE évoque une dégradation marquée du climat sécuritaire qui pourrait faire fuir les entreprises.
Selon les négociants, cette évolution complique le recrutement et la rétention de cadres internationaux, dans un contexte de pression fiscale accrue et de concurrence mondiale. La sécurité, longtemps considérée comme un atout clé de Genève, ne jouerait plus pleinement son rôle.
Les home-jackings quadruplent
L’association s’appuie sur les statistiques cantonales: les brigandages ont augmenté de 68% et les home-jackings ont été multipliés par quatre entre 2021 et 2025, touchant notamment des employés du secteur. La criminalité globale a, elle, progressé de 8%.
SUISSENÉGOCE relève aussi que Genève figure parmi les cantons les plus exposés aux cambriolages. Une situation qui commencerait à peser sur la réputation du canton. L’association appelle à un renforcement des moyens de sécurité. Sollicitées, les autorités cantonales n’ont souhaité réagir dans l'immédiat.