Aux quatre coins de Gaillard, en France, des slogans mettent en garde la population: «Drogue: Ton achat au quartier du Chalet provoque des tirs», préviennent des affiches suspendues fin août. Cette campagne illustre l'inquiétude mêlée de frustration dont fait état Antoine Bloin, maire de Gaillard, face à l'intensification du narcotrafic et des violences ayant bousculé la petite ville de Haute-Savoie, à la lisière de la frontière genevoise. Car la situation semble s'enliser.
«La lutte contre le narcotrafic telle qu'elle est menée aujourd'hui est perdue, affirmait-il, lundi, au micro de la RTS. La police travaille beaucoup depuis le début des tirs sur le quartier du Chalet, mais les effets ne se voient pas sur le terrain.»
Un jeune homme de 25 ans tué par balle
En effet, l'été 2026 y a vu éclater sept fusillades entre gangs, avec deux blessés, tandis qu'un jeune homme de 25 ans a perdu la vie à Annemasse le 6 septembre, visé par un homme cagoulé qui roulait à scooter. Le parquet de Thonon a ouvert une enquête pour homicide volontaire en bande organisée.
Pour rappel, des groupes rivaux se disputent le point de deal très prisé du quartier du Chalet, transformant la zone en point sensible, au grand dam des autorités et de la population. «La Tribune de Genève» rappelle par ailleurs que deux groupes opposés armés de kalachnikovs s'étaient déjà disputés ce point en 2025, en plein après-midi.
«La moitié des clients ont des plaques genevoises»
Difficile d'estimer, toutefois, à quel point le narcotrafic qui grandit aux portes de Genève impacte la Suisse. Toujours auprès de la RTS, Antoine Bloin affirmait que «la moitié des acheteurs étaient immatriculés avec des plaques genevoises».
Or, le chef de la police judiciaire genevoise Richard Boldrini suggérait auprès du «Temps» que la situation semble être plutôt sous contrôle, à Genève. «La proximité géographique fait toujours craindre une importation du phénomène des réseaux de narcotrafiquants, même si nous ne sommes pas la France», reconnaissait-il toutefois, notant qu'il s'agit évidemment d'un «point de vigilance particulier» pour ses équipes. Il observe en revanche une situation bien différente côté Suisse, qui ne compte pas de «guerre ouverte entre clans rivaux» et dont les filières actives dans le narcotrafic «cohabitent sans se disputer les points de vente», malgré quelques «querelles intestines» ponctuelles. La situation reste surveillée de près.