«Elle avait perdu 15 à 16 kilos»
Pour les rescapés de Crans-Montana, une rentrée scolaire chargée d'émotions

Quatre adolescents italiens rescapés de l'incendie de Crans-Montana ont enfin retrouvé les bancs de l'école. Après des mois entiers à l'hôpital, ce retour à la vie quotidienne était forcément riche en émtions.
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Leonardo, Sofia et Kean (de gauche à droite) ont regagné les bancs de l'école.
Photo: Screenshot tg3
Janine Enderli

Quatre adolescents rescapés de la tragédie de Crans-Montana ont repris ensemble le chemin de l'école ce lundi. D'après la chaîne italienne Tg3, Sofia, Kean, Leonardo et Francesca, 17 ans, ont rejoint le lycée Virgilio de Milan par une porte secondaire, loin du tumulte de l'entrée principale.

Après de longs mois passés à l'hôpital, il s'agissait de leur toute première journée d'école en 2026. Une étape majeure dans leur quête d'un retour à une vie normale. Tous quatre sont apparus à la fois soulagés et heureux de pouvoir vivre un tel événement: «C'est tellement fort de pouvoir revenir tous ensemble.»

Leurs camarades, les enseignants ainsi que l'ensemble du personnel leur ont réservé un accueil particulièrement chaleureux. «Je suis heureux et je remercie tout le monde, mais je me sens un peu fatigué», a confié Kean au terme de cette journée. «Nous sommes fous de joie», a ajouté Leonardo. Après des mois d'angoisse, de souffrance et d'incertitude, il s'agit désormais de retisser pas à pas le fil de leur vie d'avant, malgré le traumatisme.

Les parents n'en reviennent pas

Pour les proches de Francesca, ce retour sur les bancs de l'école relève du miracle: «Lorsqu'elle a quitté l'hôpital, son dos, sa poitrine et sa cuisse gauche présentaient encore de larges plaies ouvertes. Elle était extrêmement affaiblie, avec 15 à 16 kilos en moins», ont raconté ses parents au «Corriere della Sera».

Les séquelles physiques restent toutefois vives pour les quatre adolescents. A l'école, des sièges de bureau ergonomiques ont été spécialement installés pour eux.

L'établissement a également mis des ventilateurs à leur disposition, la chaleur étant particulièrement éprouvante pour eux. Près de huit mois après la tragédie, ils continuent tous les quatre à porter des vêtements de compression et des bandages au quotidien.

Enquête suivie de près par les victimes

De son côté, Leonardo suit de très près l’enquête sur l'incendie du «Constellation». En août, le gérant du bar sinistré, Jacques Moretti, a été arrêté pour violences conjugales.

Une nouvelle qui préoccupe le jeune homme, non pas en raison de l'interpellation elle-même, mais de la différence de traitement entre les deux dossiers: alors que le Français a été placé en détention provisoire pour ces actes de violence présumés, il a été remis en liberté dans le cadre de l'enquête sur l'incendie.

Le difficile chemin des élèves suisses

Les élèves suisses, eux aussi, tentent de retrouver leur quotidien après l’incendie. Plusieurs d'entre eux ont été contraints de redoubler leur année scolaire.

Partout à travers le pays, l'avenir scolaire des victimes blessées à Crans-Montana fait l’objet de controverses. Fin avril, le canton de Vaud a clairement indiqué que les élèves concernés ne pourraient pas obtenir leur diplôme sans avoir passé leurs examens.

Malgré des discussions avec les instances compétentes, le cadre légal aurait rendu toute exception impossible. Le canton a tout de même promis un soutien, notamment sous forme de cours particuliers ou de reports semestriels.

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