Depuis les fraudes avérées de l’élection municipale 2025 à Vernier, une inquiétude persiste à Genève: le système électoral a-t-il été fragilisé par des manipulations répétées? Ce scandale ravive le souvenir de soupçons apparus en 2018 et d’anomalies relevées lors des municipales de 2020, également à Vernier. Une nouvelle analyse pointe des irrégularités statistiques lors du scrutin de mars 2025 en Ville de Genève, révèle «La Tribune de Genève». Les bulletins du mouvement de Pierre Maudet Libertés et justice sociale (LJS) présentent une structure de votes inhabituelle. Si la liste n’a pas franchi le quorum, un candidat, Lakshmi Sripada, se distingue par un taux de biffage exceptionnellement bas en ville: 370 ratures seulement, contre 477 pour la tête de liste Simon Brandt et environ 650 en moyenne pour les autres candidats.
Une anomalie localisée
Cette singularité est géographiquement concentrée dans plusieurs bureaux de la rive droite. Aux Pâquis et à la Servette, Lakshmi Sripada devance même la tête de liste, grâce à un biffage sélectif nettement plus faible. Hors de ce périmètre, l’avantage disparaît.
LJS dément
LJS rejette toute suspicion de fraude et invoque la présence de terrain du candidat, des dynamiques communautaires, des biais liés aux noms dans l'électorat des autres partis et très peu de ratures pour le groupe politique. Mais l’analyse des chiffres fragilise cette défense: avec un taux de biffage global de 40,9%, LJS est, de loin, la liste la plus raturée du scrutin. Ces éléments ne constituent pas en eux-mêmes une preuve formelle de manipulation. La Chancellerie confirme que l’ensemble des bulletins a été conservé. Reste à savoir si quelqu’un demandera leur vérification.