Gros dispositif policier dans gymnase vaudois
Derrière la fausse alerte à la bombe à Pully, une inquiétante tendance TikTok

Un gymnase de Pully (VD) a été le théâtre d'une fausse alerte à la bombe la semaine dernière. Cet incident s'inscrit dans une série de fausses menaces dans des écoles en Suisse. Une tendance dangereuse sur les réseaux sociaux y contribue.
1/5
Le gymnase de Chamblandes (VD) dû être évacué à cause d'une alerte à la bombe. (Image symbolique)
Photo: Keystone
Natascha_Ruggli_Praktikantin News-Desk_Ringier_1-Bearbeitet.jpg
Natascha Ruggli

Les élèves de la nouvelle génération sont passés au niveau supérieur en termes de mauvaises blagues à l'école. Si autrefois on posait des coussins péteurs sur la chaise des enseignants, on prétend désormais qu'il y a des bombes dans l'école. C'est en partie le résultat d'une tendance sournoise qui sévit sur les réseaux sociaux et à laquelle les écoles suisses doivent aussi faire face.

Le dernier incident de ce type a eu lieu mercredi dernier au gymnase de Chamblandes à Pully, dans le canton de Vaud. A 7h30, une enseignante a reçu une menace sur son téléphone portable, indiquant que plusieurs engins explosifs se trouvaient dans l'établissement. La police a immédiatement été informée et le bâtiment a été évacué.

Vingt personnes, dont des experts en explosifs et même un chien renifleur, ont participé aux recherches sous haute pression. Personne n'a été autorisé à entrer dans le bâtiment, les bus ont été déviés. En début d'après-midi, l'alerte était déjà levée, puisqu'aucune bombe n'avait été trouvée.

Les auteurs arrêtés

L'enquête derrière la fausse alerte a rapidement porté ses fruits et l'expéditeur du message a très vite été retrouvé. Un étudiant de 18 ans, originaire de Lausanne, avait envoyé le message au nom de son amie à peine plus jeune. Le motif reste pour l'instant inconnu. La seule chose qui est sûre, c'est que l'adolescente fréquentait le gymnase.

L'ami de l'élève, âgé de 18 ans, doit s'attendre à des conséquences drastiques: il risque jusqu'à trois ans de prison et une amende. Selon le droit pénal des mineurs, la jeune fille de 17 ans doit, quant à elle, s'attendre à une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à un an, ainsi qu'à une exclusion du gymnase. L'école a déjà ouvert une procédure d'exclusion en ce sens.

Plusieurs cas en Suisse

Récemment encore, une école de Coire a connu le même sort. Le 6 février dernier, la police cantonale des Grisons a été informée d'une menace de bombe dans le secteur de l'école primaire Nikolai. Une intervention de grande envergure a immédiatement été lancée, mais il s'agissait au final d'une fausse alerte. Une enquête a été ouverte. 

En novembre 2024, des événements similaires se sont produits dans trois écoles en Argovie. A Lenzbourg, Suhr et Bremgarten, des menaces de fusillade ont été proférées. A Lenzbourg, un élève de onze ans a été identifié comme responsable de l'alerte. Il a déclaré avoir été influencé par les réseaux sociaux. 

Terrible tendance TikTok

Des vidéos dans lesquelles des jeunes se vantent d'avoir lancé de fausses alertes à la bombe sur les médias sociaux attirent l'attention. Le but étant évidemment d'obtenir un nombre élevé de vues et de nombreux «J'aime».

Des défis comme celui-ci sont régulièrement lancés sur TikTok. Les jeunes et les enfants sont incités à imiter ce qui leur est proposé sur la plateforme. Les vidéos montrent par exemple comment des alertes à la bombe sont gribouillées sur les murs des toilettes d'une école. Les conséquences engendrées par de telles farces ne sont souvent pas prises en compte.

Contenu tiers
Souhaitez-vous voir ces contributions externes (par exemple Instagram, X et d'autres plateformes) ? Si vous acceptez, des cookies peuvent être installés et des données peuvent être transmises à des fournisseurs externes. Cela permet l'affichage de contenus externes et de publicités personnalisées. Votre décision s'applique à l'ensemble de l'application et peut être révoquée à tout moment dans les paramètres.

Mais que faire contre de tels canulars? La police cantonale argovienne a elle-même publié une vidéo TikTok dans laquelle elle condamne fermement de tels défis, en raison de la multiplication de ces menaces inquiétantes.

Articles les plus lus