Guy Parmelin a un bon coup de fourchette. Et il l’assume. Fin août, Blick lui avait fait goûter et noter quelques classiques bien de chez nous, du Cenovis au Rivella, en passant par des chips au paprika. Le Vaudois nous avait alors confié son amour des produits du terroir et de quelques plaisirs pas franchement diététiques. Au grand dam de Madame Parmelin, plaisantait-il.
Mais il y a visiblement une limite à la gourmandise présidentielle. Interrogé ce mercredi 16 septembre par Blick sur les habitudes de l’élu de l’Union démocratique du centre (UDC), le porte-parole du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR), Loïc Zen Ruffinen, est formel: «Non, M. le Président de la Confédération Guy Parmelin n’est pas client de McDonald’s.»
Pas client, mais bientôt orateur. Le 30 septembre à Berne, Guy Parmelin prendra la parole lors d’une fête privée organisée pour les 50 ans du géant américain en Suisse et à laquelle les parlementaires sont invités. Le président partagera l’affiche avec notamment Beat Imhof, président de GastroSuisse.
«Servir la soupe» à la malbouffe
De quoi couper l’appétit à Léonore Porchet. La conseillère nationale verte vaudoise a déposé une question à la Chambre basse. Elle veut savoir comment le Conseil fédéral justifie cette participation à la fête d’un acteur «dont l’offre est contraire à la stratégie nationale MNT» et dont la «prolifération présente une forte concurrence pour les petits commerces de restauration».
La stratégie MNT? C’est le plan de la Confédération pour prévenir les maladies non transmissibles, comme le cancer, le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Pour 2025-2028, Berne a notamment fait de la prévention du surpoids et de l’obésité l’une de ses trois priorités.
Auprès de Blick, Léonore Porchet met les pieds dans le plat: «Un enfant sur six a des problèmes d’obésité, nous investissons trop peu dans la prévention, les grandes enseignes colonisent les centres-villes et le Conseil fédéral va servir la soupe aux multinationales de la malbouffe?»
La charge vise un président qui est aussi ministre de l’Économie. Et c’est justement cette deuxième casquette que brandit son communicant. «La participation d’un conseiller fédéral en charge de l’économie à différents événements réunissant des entreprises privées est une pratique courante», soutient Loïc Zen Ruffinen. Pour le reste, circulez pour l’instant. Le Conseil fédéral répondra d’abord sur le fond devant le Parlement.
McDo joue la carte suisse
McDonald’s ne voit, lui, aucun problème à la présence du président. L’entreprise explique à Blick avoir invité Guy Parmelin également en sa qualité de ministre de l’Économie et rappelle ses «liens étroits avec l’économie et la société suisses».
À l’appui, une avalanche de chiffres. Selon les données transmises, l’enseigne représente plus de 8000 emplois directs et 13’350 en comptant sa chaîne de valeur. Environ 85% de ses ingrédients proviendraient de partenaires suisses, dont quelque 6900 agriculteurs. Le groupe évoque aussi plus de 290 millions de francs d’achats auprès de fournisseurs helvétiques et près de 50 PME constituées par ses franchisés.
Pour McDonald’s, la présence de Guy Parmelin est donc «un signe de reconnaissance» envers celles et ceux qui participent à son succès en Suisse. On parle ici d'une réussite colossale! Cinquante ans après ses premiers burgers vendus sur le territoire helvétique, les arches jaunes ont essaimé. Arrivé à Genève en 1976, le géant américain compte aujourd’hui plus de 190 restaurants dans le pays.
La salade à la place des frites
Reste l’autre front ouvert par Léonore Porchet: la santé. McDonald’s assure à Blick prendre «les questions liées à l’alimentation et à la santé au sérieux». L’entreprise invoque la liberté de choix et la diversité de ses menus: bœuf, poulet, poisson ou options végétariennes.
Et rappelle qu’il est toujours possible de remplacer les frites par une salade. Guy Parmelin sera donc bien chez McDonald’s le 30 septembre. Pour prononcer un discours, pas pour se caler les joues avec un Big Mac.