Une partie de la Jeunesse socialiste (JS) s’attaque à la police. Elle lui reproche «d’être une institution raciste». C’est pourquoi elle veut la supprimer sur le long terme et chercher des alternatives à son rôle. Un avis qu’avait également partagé avec Blick une criminologue.
Cette revendication laisse perplexe à la tête du PS. «C’est une blague!», s'exclame la coprésidente du parti Mattea Meyer. «Condamner en bloc les policières et les policiers n’apporte absolument rien», souligne quant à lui son homologue Cédric Wermuth.
Certes, tous deux sont d’accord avec la jeunesse de leur parti pour dire qu’il y a des problèmes de discrimination en Suisse, en particulier à l’égard des migrants. «Et cela existe aussi dans les forces de l’ordre avec le profilage racial», explique le coprésident du parti. On utilise ce terme lorsque des personnes sont contrôlées uniquement sur la base de leur apparence ou de caractéristiques ethniques.
Agir contre la discrimination
«Mais pour lutter contre cela, il faut faire un travail de sensibilisation et avoir des lois claires contre la discrimination, demande Cédric Wermuth. L’abolition de la police n’est pas la bonne voie et ne correspond pas non plus à la position du PS.»
Mattea Meyer, elle-même encore membre de la JS, soulève un autre point. «Les riches peuvent, si besoin, engager des services de sécurité privés, avance-t-elle. Mais la population normale a besoin de la police.»
Elle-même a déjà accompagné une patrouille de nuit. «Les agents sont les premiers sur place en cas de violence domestique, par exemple», précise Mattea Meyer. Une grande sensibilité de leur part est essentielle pour la protection des victimes, «mais elle n’est malheureusement pas encore toujours présente».
Le PS veut une police suffisamment bien dotée
Les dirigeants du PS militent même pour des effectifs supplémentaires. «Dans certains cas, comme chez nous en Argovie, la police est même sous-dotée en ressources et en personnel», pointe Cédric Wermuth. Et pour Mattea Meyer aussi, il est clair que «nous avons besoin de forces de l’ordre suffisamment bien dotées avec des conditions de travail décentes. Si la pression est trop forte, des erreurs se produisent».
Son collègue, qui a déjà visité le centre de formation d’Hitzkirch (LU), complète: «La majorité des agents fait ce travail avec la conviction profonde d’apporter de la justice et de la sécurité à notre société.»