Il faisait de fausses notes de frais
Un ancien producteur de la RTS détourne 400'000 francs

La RTS a été victime d'une escroquerie commise par un ancien chef de production. L'employé a détourné les fonds de plusieurs émissions comme «Cash» et «La poule aux œufs d'or». Le préjudice s'élève à près de 400'000 francs.
Le porte parole de la RTS, Christophe Minder, souligne que l’ordonnance pénale de condamnation du Ministère public conclut qu’aucune négligence ne peut être imputée à la RTS.
Photo: Keystone

Un préjudice de près de 400’000 francs. C’est la somme qu’un ancien chef de production de la RTS a détournée depuis les fonds de plusieurs émissions comme «Cash» et «La poule aux œufs d’or». La RTS a confirmé vendredi soir à Keystone-ATS l’information révélée par le site de la Tribune de Genève.

Les faits ont été commis entre 2008 et 2016. L’homme a fourni à la comptabilité plusieurs fausses notes de frais censées couvrir le paiement de prétendus vainqueurs de «Cash», un quiz télévisé faisant remporter de l’argent à des personnes interviewées dans la rue. Sauf que les personnes mentionnées dans ces notes n’avaient pas remporté le moindre prix.

Huit ans de supercherie

Sur d’autres émissions, comme «The Voice», «La roue de la fortune» ou «Al dente», il sollicitait la rétribution de faux figurants, qui n’avaient en réalité jamais assisté aux émissions.

L’employé avait trouvé leurs noms dans l’annuaire. L’argent versé au chef de production ne couvrait donc aucun frais réel et restait sur son compte en banque.

La supercherie a duré huit ans. Les fonds détournés s’élèvent à 398’000 francs, a confirmé le porte-parole de la RTS Christophe Minder. Fin 2016, un contrôleur de gestion de la RTS découvre un dépassement des frais pour l’émission «Cash». Une enquête interne est alors diligentée.

Le Ministère public est saisi par la RTS début 2017. Le chef de production «quitte» l’entreprise la même année. Le porte-parole ne précise pas s’il a été licencié ou s’il a démissionné.

En 2019, l’homme a tenté de se faire couvrir par une collègue, qui refuse et qui conserve les preuves du chantage. Le 16 janvier dernier, la justice genevoise le reconnaît coupable d’escroquerie par métier, de faux dans les titres et de tentative d’instigation à faux témoignage.

Accord avec le prévenu

Il écope de 180 jours de prison, avec sursis. La RTS a conclu un accord à l’amiable avec l’ex-employé pour régler les prétentions civiles. Il a versé 110’000 francs à la RTS en réparation de la somme détournée.

Ces accords sont très courants en droit civil, précise le porte-parole. Ils permettent d’éviter de longues procédures coûteuses et de parvenir plus rapidement à la solution la moins dommageable possible pour le plaignant.

Christophe Minder souligne que l’ordonnance pénale de condamnation du Ministère public conclut qu’aucune négligence ne peut être imputée à la RTS. Aucun indice ne permettait de douter de la véracité des informations que donnait l’ancien collaborateur, au vu des justificatifs qu’il a falsifiés.

(ATS)

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