Le financement uniforme des soins, mis sous toit durant la session d'hiver par le Parlement, est «radical, antisocial et antidémocratique» aux yeux du syndicat suisse des services publics. Celui-ci a officiellement lancé un référendum contre ce projet vendredi. Le syndicat SSP critique le transfert de responsabilité des cantons vers les caisses maladie. Celles-ci auront «davantage de pouvoir sur notre système de santé». Elles pourront gérer 11 milliards de francs versés par les cantons et décider «assez librement comment répartir ces sommes».
Cela entraînera une hausse des primes. Les coûts des soins de longue durée augmenteront également rapidement en raison de l'évolution démographique. Ils seront financés par les primes plutôt que par les impôts. Ce transfert est antisocial puisque les primes sont payées indépendamment du revenu et de la fortune, selon le syndicat.
«Les besoins des patients plus prioritaires»
La pression pour faire des économies sur le personnel de santé et les patients s'accentuera. La santé et la prise en charge des aînés seront soumises à la logique des économies, ce qui met en danger la santé et la sécurité des patients, rappelle le SSP. «Dans ce système, les besoins des patients ne seront plus prioritaires: la question des coûts prend le dessus! La réforme met en danger la santé publique», assène le syndicat.
Le projet prévoit un financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires entre les cantons et les caisses maladie. Actuellement, les cantons, et donc les contribuables, financent les prestations stationnaires à hauteur d'au moins 55%, le reste étant pris en charge par les assureurs-maladie, donc les payeurs de primes. Dans le secteur ambulatoire, les prestations sont assumées à 100% par l'assurance obligatoire des soins.
Les soins ambulatoires étant moins chers que les soins stationnaires, la tendance est aux traitements ambulatoires. Mais cela pousse le coût vers les assureurs, ont rappelé plusieurs orateurs au cours des débats. Cela doit changer. Longtemps en désaccord, les deux Chambres ont finalement trouvé un compromis sur cette question. Les cantons devront verser 26,9%. Les 73,1% restants seront financés par les assureurs, indépendamment du fournisseur et du lieu où les prestations sont fournies.
(ATS)