Le conseil ville bernois a donné jeudi 28 août un signal en faveur des «classes bilingues» menacées de suppression. Le conseil municipal doit s'efforcer sérieusement de trouver une solution de remplacement, a exigé le Parlement.
Le conseil municipal a été chargé d'étudier avec le canton les possibilités de raccordement à l'Ecole cantonale de langue française (ECLF), a-t-on appris au Parlement bernois. L'ECLF est ouverte aux enfants d'employés de la Confédération et du canton ainsi qu'aux enfants d'employés d'une ambassade ou d'une organisation internationale ou de personnes ayant un lien fort avec la culture francophone.
Chercher des alternatives
La directrice de l'éducation Ursina Anderegg a indiqué au Conseil que la Ville avait déjà mené des discussions avec le Canton. L'ECLF est une école monolingue. Il n'existe pas de base légale pour en faire une école bilingue, a précisé Ursina Anderegg. Elle a toutefois assuré au conseil de ville qu'elle se rapprocherait à nouveau du Canton afin d'explorer davantage les possibilités de collaboration.
Le conseil de ville a clairement transmis une motion de directive correspondante par 63 voix contre 1. Les motions de directives ne sont pas contraignantes et laissent au conseil municipal une grande marge de manœuvre dans la mise en œuvre. En transmettant cette motion, le Parlement a tout de même pu donner un signal,
Une autre motion demandant le maintien des «classes bilingues» a été rejetée par le conseil municipal. Lors des débats, certains membres du conseil de ville se sont même engagés en français pour le maintien d'une offre scolaire bilingue. Berne est la capitale d'un canton bilingue, ont souligné de nombreux orateurs.
Trop cher et trop complexe
Début mai, la Ville a annoncé l'abandon de ses classes franco-allemandes à l'été 2026. Dix enseignants et plus de 90 élèves sont concernés. L'expérience scolaire bilingue a été introduite en 2019 et l'enseignement se fait pour moitié en allemand et pour moitié en français.
La Ville justifie le fait de ne pas prolonger l'offre après presque six années scolaires par des conditions «professionnelles, organisationnelles et financières». Enseigner deux langues de manière équivalente se fait au détriment des matières obligatoires, a expliqué la Ville.
De plus, la planification du personnel, le développement de l'école et la formation continue des enseignants se sont avérés «extraordinairement exigeants» dans un contexte de pénurie de personnel qualifié. Enfin, l'enseignement bilingue a engendré des coûts supplémentaires pouvant atteindre un million de francs par an. L'annonce de la fermeture des classes bilingues avait suscité de vives critiques à Berne.