Plusieurs piscines de tout le pays ont enregistré une affluence historique durant l'été 2026. A l'heure du bilan et face à cette affluence, certains établissements en Suisse romande réfléchissent à des adaptations pour l'avenir.
A Fribourg, la piscine de La Motta a franchi pour la première fois la barre des 200'000 entrées, dépassant son précédent record de 170'000 visiteurs établi en 2023. Genève Plage a également connu une saison exceptionnelle avec plus de 250'000 baigneurs, près de dix pourcents de plus que lors de la saison précédente.
D'autres records ont été établis à La Chaux-de-Fonds (NE), où la piscine des Mélèzes a accueilli 120'000 personnes, contre 89'000 pour son précédent record. En Valais, la piscine de Sion a pour sa part vécu une «année historique» avec 95'400 entrées, soit 10'000 de plus que le record datant de 2003. A Lausanne, les piscines de Bellerive et Montchoisi ont enregistré leur deuxième meilleure fréquentation des 30 dernières années.
Ces records de fréquentation se retrouvent aussi dans les cantons de l'autre côté de la Sarine. Les piscines en plein air de la capitale fédérale – gratuites – ont enregistré près de deux millions d'entrées. A Zurich, la barre des trois millions d'entrées a été franchie.
Une affluence constante
Cette forte fréquentation s'explique par une météo particulièrement favorable, estiment les piscines. «La fréquentation est restée élevée et très régulière tout l'été, alors que le mois de juillet est d'habitude plus calme», a expliqué Michel Villarejo, chef de service des sports de la Métropole horlogère.
Un constat partagé à Sion, où l'affluence a été «très soutenue et linéaire durant les vacances scolaires d'été, rare ayant été les jours de mauvais temps», confirme le Service des sports de la Ville.
A Genève Plage, le directeur Christian Marchi nuance toutefois l'effet des vagues de chaleur. «Les épisodes de canicules successifs n'ont pas forcément attiré plus de monde. C'était parfois même l'inverse, car les gens en avaient marre du chaud et préféraient rester à l'ombre», a-t-il précisé.
Défis pour le personnel et les infrastructures
Cette affluence a représenté un défi pour les infrastructures et le personnel. La gestion de la qualité de l'eau a nécessité une attention accrue. «L'eau des bassins augmente en température et demande une plus grande désinfection (chloration) et une plus grande quantité d'eau fraîche», a indiqué à Keystone-ATS Martin Barrette, gestionnaire des piscines du Nid-du-Crô à Neuchâtel. Les sites, qui ont enregistré une hausse de 25% des baigneurs, disposent toutefois d’une très grande surface et peuvent «facilement absorber des pics de fréquentation».
Les équipes ont également été mises à rude épreuve. A Lausanne, «elles ont été renforcées certains jours pour garantir la sécurité et le confort du public, ainsi que la qualité de l'eau», a relevé Myriam Pasche, cheffe du Service des sports de la Ville.
Des mesures spécifiques ont été prises pour protéger le personnel de la chaleur, comme à Lancy (GE) où les maîtres-nageurs ont bénéficié de pauses supplémentaires et d'équipements adaptés anti-UV.
Vers de nouvelles adaptations
Face à ces tendances, plusieurs villes anticipent déjà les prochaines saisons. A Lancy, la gestion de l'eau est considérée comme un «enjeu central». La Ville entend sensibiliser le public aux bons gestes pour économiser la ressource. Il s'agit par exemple d'expliquer les gestes à adopter: porter des vêtements propres et adaptés, prendre une douche avant la baignade et éviter la crème solaire en excès avant de se baigner.
A Lausanne, les périodes d'ouverture ont déjà été étendues depuis 2024 pour répondre au réchauffement climatique, une piste que d'autres communes pourraient être amenées à suivre si les étés chauds et fréquentés se confirment.