Le Conseil des Etats a approuvé l’accord commercial avec le Mercosur lundi par 35 voix contre 7. Le traité retourne au National, où il avait été rejeté sur le fil.
Un peu plus tôt dans la journée, le Conseil des Etats avait accepté d'entrer en matière sur le sujet, par 42 voix contre 3. Fabien Fivaz (Vert-e-s/NE) voulait couler complètement le projet au vu du manque de mesures pour lutter contre la déforestation et le travail forcé. Les propositions de la gauche ont toutes été rejetées en commission.
Il a également été décidé que les pertes causées à l’agriculture par l’accord avec le Mercosur devaient être compensées. Le Conseil des Etats a débloqué 517 millions de francs pour la branche lundi. Cette enveloppe s'étale entre 2028 et 2033. Elle fait office de compromis. Le projet avait capoté au National en juin après la levée de boucliers des agriculteurs.
Des économies de 150 millions
La branche exigeait 880 millions entre 2028 et 2035. Sa proposition avait finalement été refusée. L'accord avait ensuite été rejeté sur le fil au vote final. L'accord conclu l'année dernière entre l'AELE, dont fait partie la Suisse, et le bloc sud-américain Mercosur doit permettre des économies de 150 millions de francs par année en droits de douane. Les exportations suisses bénéficieront de tarifs avantageux.
La Suisse doit en contrepartie importer des contingents sud-américains. Davantage de viande et de vin d'Argentine, du Brésil, d'Uruguay et du Paraguay se retrouveront sur sol helvétique. De quoi faire craindre aux agriculteurs pour leur activité et aux défenseurs de l'environnement pour le climat.
Pour le ministre de l'économie Guy Parmelin, les difficultés que rencontre actuellement l'agriculture ne sont pas liées à l'accord commercial avec le Mercosur. Accord qui profite d'ailleurs aux exportations agricoles. Il assure également que le trait n'entrainera pas d'augmentation du commerce issu de la déforestation.