En bref
- Bellwald, village valaisan de 350 habitants, attend une télécabine reliant Fiesch pour dynamiser le tourisme et améliorer la vie locale. Un litige juridique, porté par la famille Volken, bloque le projet depuis quatre ans.
- La famille Volken s'oppose au tracé prévu, qui survolerait leur propriété et un camping, évoquant des «inconvénients inacceptables», comme des nuisances sonores et des risques de chute d'objets.
- Le projet de télécabine, estimé à 25 millions de francs, est crucial pour la région, tout comme un complexe hôtelier de 80 millions prévu pour 2027, également impacté par ces retards.
Bellwald, en Valais, incarne encore la vie montagnarde suisse idyllique – du moins en apparence. Le tourisme est une source de revenus essentielle pour ce village de 350 habitants du Haut-Valais. C'est pourquoi tous souhaitent depuis longtemps une véritable liaison avec les transports publics de Fiesch (VS), située dans la vallée.
Et le projet existe! Une télécabine reliant les transports en commun de Fiesch devrait acheminer les vacanciers directement au domaine skiable. Une station intermédiaire est également prévue, afin de desservir le village. Le projet est estimé à 25 millions de francs, mais l’installation de la remontée mécanique suscite des tensions à Bellwald.
En effet, comme le rapporte le «Walliser Bote», le projet est encore loin de se concrétiser. La raison: un litige juridique qui dure depuis quatre ans. En 2022, plusieurs entreprises du groupe Volken ont déposé un recours. Cette entreprise familiale de construction, fondée par Franz-Josef Volken, est l'une des plus importantes du Haut-Valais. Elle a récemment essuyé un refus devant le tribunal cantonal. La famille Volken porte désormais son recours devant le Tribunal fédéral.
La famille évoque des «inconvénients inacceptables»
Pourquoi cette famille influente s'oppose-t-elle au projet de téléphérique? Elle garde le silence sur ses motivations et refuse de fournir la moindre information. Le jugement rendu par le tribunal cantonal le 2 juillet apporte toutefois un éclairage sur la situation. Les opposants s'inquiètent principalement du tracé prévu pour la télécabine. Celle-ci devrait en effet survoler la propriété de l'entreprise et le camping d'Eggishorn, géré par la famille Volken. Selon le jugement, ils parlent d'«inconvénients inacceptables». Par exemple, ils affirment que les normes sonores ne pourraient pas être respectées. De plus, le passage de la télécabine au-dessus de leur usine exposerait les bâtiments et les employés à des risques de chute d'objets.
Parallèlement, cette opposition suscite une grande déception dans les deux communes valaisannes. Jusqu’à présent, Bellwald n’est relié au réseau de transports publics de la vallée que par un vieux téléphérique. Outre l’essor touristique qu’elle apporterait à toute la région, la nouvelle télécabine faciliterait également le quotidien de nombreuses familles. Pour les écoliers de Bellwald, cela signifierait par exemple pouvoir rentrer chez eux à midi.
Pour la présidente de la commune Jeannine Burgener, ce nouveau recours repousse le premier coup de pioche d'au moins un an: «Quiconque connaît la famille Volken s’attendait à ce qu’elle engage des poursuites judiciaires. Elle l’a déjà fait pour d’autres projets», a-t-elle déclaré au «Walliser Bote». «Pour les écoliers, cela signifie une année supplémentaire avec un trajet scolaire plus long.» Interrogée par Blick, Jeannine Burgener n’a pas souhaité donner davantage d’informations, en raison de la procédure en cours. Les déclarations faites dans l’article «reflètent suffisamment notre position, à mon sens», a ajouté la présidente de la commune.
Un autre grand projet en perspective
Ce bras de fer juridique ne pénalise pas seulement les pendulaires, il menace aussi l'équilibre d'investissements touristiques locaux. Hans Ritz, un autre promoteur ambitieux de Bellwald, a déjà réalisé de nombreux projets de construction avec son cabinet d'architecture et sa société immobilière. Mais aujourd’hui, il souhaite surpasser toutes ses réalisations et prévoit de construire un complexe hôtelier de 198 lits. Celui-ci devrait voir le jour dans un emplacement de choix, à quelques centaines de mètres de la station de départ du télésiège du domaine skiable.
Ce mégaprojet, baptisé «Ferienpark Relief», devrait coûter 80 millions de francs. Pour cela, Hans Ritz compte rallier des investisseurs à sa cause. Son projet de construction est également lié à l’espoir que Bellwald se dote bientôt de sa télécabine tant attendue. «Ces développements infrastructurels rendent le Ferienpark Relief nettement plus réaliste et viable», a-t-il déclaré à Blick à la fin de l’année dernière.
Que signifie donc le report de l’opposition pour son projet de construction? L'architecte de renom n'a pas encore répondu à la demande de commentaires de Blick. Une chose est sûre: lui aussi devra patienter avant de voir arriver le nouveau téléphérique. Or, le coup d’envoi de la construction de l’hôtel devrait être donné dès 2027.