La Fribourgeoise a souffert
Sue Piller: «Mon corps avait besoin de repos, mais je ne le lui ai pas accordé»

Sue Piller (21 ans) peaufine actuellement à Ushuaïa sa technique en vue de la nouvelle saison de ski. Après avoir surmonté une infection bactérienne et effectué son service militaire, la Fribourgeoise souhaite attaquer les portes avec plus d'explosivité et de précision.
Elle est convaincue d'avoir réussi à rattraper le retard accumulé.
Photo: Claudio Thoma
Mathias Germann

La plupart des skieurs professionnels connaissent ce panneau. «Fin del Mundo» est inscrit sur la promenade du port d’Ushuaia. «Le bout du monde». Chaque année, des centaines d’athlètes viennent jusqu’ici pour préparer leur saison durant l’hiver argentin.

Sue Piller aussi. La Fribourgeoise de 21 ans est en Amérique du Sud pour la deuxième fois. Et elle ne boude pas son plaisir. «Ici, on a vraiment le temps de travailler notre technique, de régler notre matériel et de nous y habituer.»

Sue Piller fait partie des révélations de la saison dernière. En géant, elle a décroché une sixième place et marqué des points à cinq autres reprises. À cela s’ajoutent ses premiers Jeux olympiques et deux victoires en Coupe d’Europe. «J’ai l’impression que ça va de plus en plus vite chaque année, que je retrouve plus rapidement un certain niveau.»

Une infection bactérienne a mis Sue Piller hors course

Sue Piller passe désormais trois semaines dans la ville la plus australe du monde. Elle loge avec l’équipe au bord de la mer et s’entraîne sur les pistes de Cerro Castor, au-dessus d’Ushuaia. L’objectif est clair: être prête le 24 octobre pour le coup d’envoi de la saison sur le glacier escarpé de Rettenbach, au-dessus de Sölden, en Autriche. «Je me sens bien», assure-t-elle.

Au printemps, ce n’était pas vraiment le cas. À deux reprises, Sue Piller est tombée malade pendant environ cinq jours, avec une grippe et une forte fièvre. La troisième fois, les symptômes ont été plus violents: une infection bactérienne qui a également touché son estomac. A-t-elle une explication?

Sue Piller n’a pas besoin de réfléchir longtemps. «La tension après la saison retombe d’un coup. Je tombe alors souvent malade.»

L'été à l'armée

Le problème, c’est que deux jours seulement après sa dernière course, les championnats de Suisse, Sue Piller a intégré l’école de recrues pour sportifs de haut niveau. Elle n’avait pas vraiment le choix. «Mon corps avait besoin de repos, mais je ne le lui ai pas accordé. D’un point de vue sportif, il n’était absolument pas judicieux de m’engager aussi tôt.» Elle a donc dû rentrer immédiatement chez elle.

Elle ne garde pourtant aucune rancœur envers l’Office fédéral du sport. Bien au contraire. Des athlètes d’autres disciplines étaient eux aussi présents à Macolin, et le début de l’école de recrues ne peut pas être adapté au programme d’entraînement de chacun. «J’ai beaucoup appris au cours de ces 18 semaines et j’ai bénéficié d’excellentes conditions d’entraînement», explique-t-elle.

L’objectif de Sue Piller: plus d’explosivité et une glisse plus directe

Elle a désormais rattrapé son retard sur le plan physique. Même son dos, qui lui avait régulièrement causé des problèmes par le passé, tient le coup. Sue Piller peut donc se tourner vers l’étape suivante.

Elle ne cherche plus à développer sa masse musculaire. Elle en a suffisamment. «La masse musculaire est là. Je dois maintenant la réorienter – davantage vers la force explosive.»

Sue Piller veut gagner en explosivité. Cela doit lui permettre d’aborder les portes de manière plus directe, plutôt que de dessiner de grands arcs de cercle.

Car c’est précisément là qu’elle estime avoir encore une marge de progression. Des virages ronds et élégants, une vitesse constamment sous contrôle: Sue Piller ne veut plus skier de cette manière. «Je dois me débarrasser de ça et skier de manière plus impulsive. Tout simplement, être moins douce.»

À Ushuaia, elle travaille précisément là-dessus. Sur des pentes raides, parfois verglacées. Jour après jour, semaine après semaine. Pas question de se reposer sur ses lauriers, même après son service militaire et sa maladie.

Articles les plus lus